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 Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?

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Essonne de Mvome-Zoq



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Jeu 18 Sep - 15:34

Ane ma bera kobe naa... Lèghan me tsira Nkon Ze ke bembe e si ve e nyol mot... Mi bera fe me lèè tsira Akamayong Mba Mbon Eyo Abala, le Maître de la parole... Me bele naa... Emuu, ma bem onyu bitom e si....

Ebuk osuu, ene me naa: "Anthropophagie", selon le dictionnaire Le petit Larousse, édition de 2001, c'est le fait pour un homme de manger de la chaire humaine. Il s'agit donc d'une ingestion physique de la chaire. Un peu on consommerait un bon gigot de mouton qu'on égorge à cet effet. Ici, on saisit bien la notion de consommation en vue de satisfaire un besoin physiologique qui est la faim.

Or, abong be Fang ba dzo naa be va dzi mot e mgbwel, il s'agit aussi d'une ingestion. Mais cette fois, il ne s'agit de rien de physique, puisque la victime, au matin, est toujours entière du point de vue de son intégrité physique. Pourtant, dans les trois jours qui suivent, si rien n'est fait pour "contrer" l'acte de mgbwel qui s'est opéré sur lui, l'individu a un "accident" au cours duquel il "perd" la partie de son corps physique qui a été "consommée". Dans cette optique, l'effet est le même ou presque, puisqu'il y a perte de son intégrité physique ou même il y a mort d'homme. Cependant, personne de ceux qui ont participé au "festin" ne se retrouvera entrain de se curer les dents de quelques bouts de "viande" qui s'y seraient coincés.

Dans les deux cas, on peut parler d'anthropophagie. à la seule différence près que d'un côté, il y a satisfaction d'un besoin phisiologique à la suite d'un acte d'assassinat; et de l'autre, il y a satsifaction d'un besoin cosmologique au cours d'un rituel mystique.

A quel niveau faut-il situer l'anthropophagie chez les Fang? S'agit-il d'un acte qui conduit un bonhomme à devnir un prédateur pour son semblable, parce qu'il doit "nourrire" sa famille qui attend son retour de la chasse? Je crains que non. S'agit-il même d'un rituel où on prélève de la chaire sur un individu pour la faire cuire en vue de l'ingérer? Dans ce cas, il faut que les habitudes de consommation alignent parmi les vivres la chaire humaine pour sa propriété nutritive.

On connait, certes, des cas d'ingestion de chaire humaine qui sont arrivés de manière marginal; et qui ont été perpétré par des fous furieux qui étaient tout sauf des êtres normaux. Je peux citer un cas précis qui est intervenu à Minvoul, d'un type qui, au cours d'une partie de chasse, a abattu un homme de son village, l'a dépessé, en a rapporté des lambeaux de chaire au village et les a partagé à sa famille en disant qu'il avait abattu un gorille. L'affaire s'est su des anéées après, quand le neveux de la victime, préfet de Makokou à l'poque, découvre parmi les habitants de Makokou, le fusil qu'il avait lui-même offert à la victime. Il parvient à remonter le fil jusqu'au criminel qui reconnaitra les fats.

Je peux également citer un fait qui a défrayé la chronique dans les années 90; et qui se passait dans les montagnes enneigées de l'Himalaya à la suite d'un crash d'avion. Les survivants venant à manquer de provision puisqu'ils ne recevaient pas de secours, se sont mis, pour leur survie, àmanger les cadavres des gens qui n'avaient pas survécus à l'accident.

Mais je pense, à mon humble avis, que ni dans le premier cas, ni dans le second, le fait que de tels actes aient été perpétrés, même si cela s'était fait à répétition, n'induiraient pas à la conclusion que les Fang son anthropophages; ni que les européens, pour le fait que des passagers du vol crashé on ingéré de la chaire humaine, son tous anthropophages.

Alors, nous devons savoir de quoi nous parlons exactement. Moi je suis roiginaire de Minvoul; une partie du Gabon où on dit le Mgbwel très courant. Je ne crois pas pour autant que nous sommes anthropophages. Entendu par là que la consommation de la chaire humaine n'est pas une pratique courante, régulière et institutionnelle chez nous.

Pour la fameuse "Sainte cène", savez vous que l'une de raisons de la persécution des chrétiens dans les temps anciens étaient que leur contemporains les accusaient d'anthropophagie et de canibalisme? Etait-ce pour un simple symbole consacré par la prise de l'eucaristie?
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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Jeu 18 Sep - 15:48

ah lala; modjang, j'ai presque envie de te porter et de te présenter aux ancêtres dans le soleil afin qu'ils te voient encore bien.
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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Jeu 18 Sep - 15:51

Essonne Mfoulou-Ze a écrit:

Pour la fameuse "Sainte cène", savez vous que l'une de raisons de la persécution des chrétiens dans les temps anciens étaient que leur contemporains les accusaient d'anthropophagie et de canibalisme? Etait-ce pour un simple symbole consacré par la prise de l'eucaristie?

nsili le, nsili ! je vais citer PCZ dans "nsili" :
"nsil' ooo nsil' éé (nsili !) zavale adjo adi a bobedjang ma sil' ooo".

modjang akiba, akiba abui. ce paragraphe, petit par ses proportions n'en demeure pas moins un authentique monument à lui tout seul !


farao
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Nyamoro OLLOM'ELLA NGUEMA



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 8:49

nous avançons dans des domaines que nous ne maitrisons pas et dans lesquels nous risquons de nous perdre.
je connais un peu l'histoire du christianisme et je n'ai jamais rencontré une référence à une éventuelle persécution inhérente à des cas d'anthropophagie physique. Je souhaiterais qu'ESSONO m'apporte quelques éléments dessus, par ce que j'avoue tout ignorer de cet aspect du christianisme.

ESSONO fils de MFOULOU rejoint mon point de vue lorsqu'il parle d'anthropophagie mystique. Je suis sur que quelqu'un d'autre bi ne éngong zogh mabem ébe Mba Evin'ekang vàna apportera des éléments nouveaux sur l'anthropophagie physique à des fins rituels.

ma dzo nà by'adzi a mbwoo, bya dzi fe émo, mais pas comme on mangerait un pangolin pour assouvir sa faim. on mange physiquement pour assouvir une faim spirituelle, mystique tout comme on boit physiquement du sang ou dans une moindre mesure des oeufs lorsque son évu en réclame.

Le même évu peut réclamer de la chaire humaine ou du sang humain pour se revigorer. la pratique la plus courante consiste à assouvir cette faim de manière mystique et c'est ce que décrit si bien ESSONO.

il peut également arriver que l'on consomme physiquement et cela donne d'ailleurs de meilleurs résultats que la consommation mystique. une consommation physique permet d'assouvir une faim mystique. la soif de puissance est une faim mystique que l'on peut assouvir en mangeant un coeur physique par exemple.

Effectivement anthropophaie= consommation physique. mais comprenons nous bien, lorsque je parle de consommation elle ne vise pas à se remplir le ventre, nous sommes d'excellents chasseurs, les antilopes que nous tuons font parfaitement l'affaire, et d'ailleurs nos villages se videraient en quelques jours telle était la finalité de la pratique. C'est une consommation qui est réservée à une classe sociale donnée, tout comme la tortue est réservée aux hommes et le ventre du sanglier aux personnes âgées, et elle vise à assouvir un faim mystique.

je regrette vraiment qu'ESSONO, pourtant originaire de Mivoul, ne connaisse pas grand chose sur le mbwoo dont il parle. s'il y a un mesèmeluhu, un mvéngomo, un sikomele, un minduhu, un biyoong, un ékoko-nsog, un okandjo, un medzim-me-susoo, un ebibing, kenguele-elok c'est-à-dire un NNEM confirmé, si ANGOUNG BERE MBA ou AYANGOUMOU est sur le forum qu'il vienne corroborer mes dires. Ces hommes d'Okui ne comprennent pas encore ce qui se passe ici à ENGONG, on devrait tous les envoyer à BIKALIK chez BEKA be OYONO.
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Minsili mi Ngoan Ewondo



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 10:47

OLLOMO ELLA mone yéndzok a écrit:
je me dis qu'on ne se comprend pas.
j'insiste sur le symbolisme chez les chrétiens. Je suis certes ékang, mais suis malheureusement de la génération de ceux qui ont grandit, pas dans le byere, mais dans le christianisme. j'ai pris de la communion et du vin de messe et cela n'avait aucun gout de chaire humaine. excuse moi mais la sémiotique biblique est avant tout basée sur des images. lire la bible c'est saisir la portée de chacune de ces images. Jesus a demandé de ''manger son corps'' mais personne ne l'a jamais consommé physiquement. je dis encore ''le verbe s'est fait chaire et c'est cette chaire que l'on consomme. Le cannibalisme dont il est question ici est avant tout physique et nous débattons de son existence ou pas.
je suis désolé pour le reste du forum mais il ne faut pas se voiler la face le cannibalisme existait et existe toujours chez nous. je pense avoir suffisament apporté des éléments justifiant mon point de vue.
agneau sacrifié je veux bien, et si tu le prends à la lettre tu passeras à coté de la sémantique sous-jacente de la bible. La bible est assez polysémique et chacun l'interprête à sa guise et c'est ce qui est à l'origine de la prolifération des églises. Un point central apparait cependant, et là dessus toutes les églises se rejoignent, il ne faut pas avoir une lecture primaire de la bible. Je sais que tu le sais.

rassure toi, les yendzok ne se rebiffent jamais. ils ne bougent jamais de leur position, les cheveux d'AKOMA MBA en ont d'ailleurs fait les frais. Ils ne meurent pas et ne seront donc jamais momifiés.
za anga dzo na Engong é to ya fuluyee pour qu'une momie vienne y prendre la parole. EEEH A TARE MBA'OOO. Ne t'en fais pas je vais réunir le conseil des sage au ngingloo ce soir. Nous convoquerons même AYANGOUMOU, et sois certains qu'on éprouvera un grand plaisir à manger ta chaire momifiée, je veux dire boucanée. J'ai déjà choisi mon morceau: le coeur. Je m'approprierai ainsi ta puissance.

Akié a ndom dzam, comment tu y vas avec des pincettes concernant le cannibalisme chrétien, kare te ma asu dzé eyong e tô adzo bivindi, mam me gha tiendé ? J’ai relu tes propos, je ne vois tjs pas en quoi dans le cas du christianisme, l’aspect SYMBOLE sauterait aux yeux et dans le cas des FANG, là tu sembles être dans une lecture primaire des choses, mais asu Yesus la Bible ne doit pas être appréciée en lecture primaire faute de passer à côté de l'essentiel ? Za adzo nala, e asu dzé ? Pquoi ce qui est appliqué chez l’un ne le serait pas chez l’autre ?

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Minsili mi Ngoan Ewondo



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 10:54

Evindi Mot ma dzo na o bele more evu affraid farao !!!!!!!! Veda dzam esë, mamen mayi akia Evu té, naya ye Betara e Benana be ga yale wa NKOBO abum ? Tu ne peux savoir à quel point tes arguments dans ce débat permettent de le faire avancer surtout qu’en face mon frère Ollomo Ella a des mots qui interpellent !

Evindi Mot a écrit:
OLLOMO ELLA mone yéndzok a écrit:

prendre l'exemple de Jesus semble bien présenter la chose même si je reste quelque peu perplexe.
Je pense que prendre le corps et le sang du Christ signifie en somme ''consommer'', la parole de Dieu. Jesus est le ''verbe qui s'est fait chaire et qui a demeuré parmi nous''. excusez moi de parler comme un pasteur.

hahaha, modjang na ya ? hahaha. quand on veut investiguer pour faire jaillir la lumière alors il faut investiguer vraiment, c-à-d partout. ta perplexité -j'en suis le premier étonné (bien que n'étant pas éton moi-même)- est une attitude non scientifique qui n'a pas sa place dans ta démarche modjang, resaisis-toi ! en plein milieu de ton investigation scientifique tu nous ramènes la foi ? restons objectifs, ne mêlons pas la sensibilité religieuse au débat qui implique des faits historiques et culturels.

as-tu pour ta part anticipé ou visualisé la perplexité de adzidzon, celle de Minsili, celle d'abomo ngono, celle de Essone Mfoulou-Ze lorsque tu leur apprends comme-ça tout de go qu'ils sont anthropophages, que leur peuple est un peuple cannibale, que leurs ascendants sont des bouffeurs de chair humaine ? tu n'as peut-être pas pris le temps de mesurer l'impact que ces affirmations absolues pouvaient avoir.

alors modjang wom, si à ton tour tu peux éprouver de la perplexité (injustifée je dois l'admettre pour l'investigateur hors-pair que tu es) à la suite de mes propos (parfaitement vérifiables), alors je bénis mes ancêtres, je sors mon tambour et je réponds tout simplement : "justice"

manger la chair et le sang de quelqu'un renvoie-t-il à une notion d'anthropophagie oui ou non ? quand il s'agissait des Fang anthropophages tu écrivais "oui" tou ten majuscules, lol. en plus modjang, entre nous, il y a quand même la phrase "ceci est mon sang, le sang de l'alliance, versé pour plusieurs" qui indique bien un pacte ("alliance") de sang.

cette anthropologie tu la veux symbolique ? soit, tu fais comme tu veux, mais au moins conclue donc que le NT présente aussi un cas de pratique d'anthropophagie "symbolique" avec la chair et le sang d'un homme (jesus) qui sont consommés dans un rituel (repas mystique).


c'est bizarre tout de même parce qu'il est bien précisé que le sang et le chair du gars sont réellement "mâchés" (pour utiliser ton expression) à travers la communion et le vin, non ? c'est encore la religion chrétienne qui le dit modjang, Evindi Mot n'y est pour rien, preuve tout de même que le concept de cannibalisme/anthropophagie n'était pas inconnu de la culture qui a produit le NT.

et puis modjang, on parle du gars en disant l'agneau du sacrifice. l'animal (agneau, mouton, coq) qu'on sacrifie et qu'on consomme rituellement est une pratique qui existe bien chez nous notamment. dans le cas de jesus on précise en plus que l'animal du sacrifice en question c'est lui ! enfin... peut-on être + précis ? il s'agit donc il me semble de sacrifice humain, et de consommation de chair et de sang humains, autrement dit, il est bien ques?ion de cannibalisme rituel ou d'anthropophagie rituelle. la répétition de la consommation de la chair et du sang du jesus perpétuent en réalité ce rite anthropophage présenté dans le NT. vois-y du symbole si tu veux.

mon humble propos est simplement de dire à ta suite je le répète, que la notion d'anthropophagie dans un contexte rituel n'est pas "consubstantielle aux Fang". bia wo bia ku tching (nous sommes en harmonie, à l'unisson). d'autres cultures connaissent ces pratiques, notamment les cultures juives (nouveau testament, cène).

c'est tout mon propos modjang. sinon je n'ai rien contre les pasteurs, au contraire l'élevage est une noble activité, ô combien vitale pour la communauté : qui n'aime pas manger du bon mouton, un succulent gigot de boeuf ? l'activité pastorale est une source d'alimentation essentielle pour le peuple. nos cousins les Peuls sont imbattables dans ce domaine



farao

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Minsili mi Ngoan Ewondo



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 11:02

Essonne Mfoulou-Ze a écrit:
Ane ma bera kobe naa... Lèghan me tsira Nkon Ze ke bembe e si ve e nyol mot... Mi bera fe me lèè tsira Akamayong Mba Mbon Eyo Abala, le Maître de la parole... Me bele naa... Emuu, ma bem onyu bitom e si....

Ebuk osuu, ene me naa: "Anthropophagie", selon le dictionnaire Le petit Larousse, édition de 2001, c'est le fait pour un homme de manger de la chaire humaine. Il s'agit donc d'une ingestion physique de la chaire. Un peu on consommerait un bon gigot de mouton qu'on égorge à cet effet. Ici, on saisit bien la notion de consommation en vue de satisfaire un besoin physiologique qui est la faim.

Or, abong be Fang ba dzo naa be va dzi mot e mgbwel, il s'agit aussi d'une ingestion. Mais cette fois, il ne s'agit de rien de physique, puisque la victime, au matin, est toujours entière du point de vue de son intégrité physique. Pourtant, dans les trois jours qui suivent, si rien n'est fait pour "contrer" l'acte de mgbwel qui s'est opéré sur lui, l'individu a un "accident" au cours duquel il "perd" la partie de son corps physique qui a été "consommée". Dans cette optique, l'effet est le même ou presque, puisqu'il y a perte de son intégrité physique ou même il y a mort d'homme. Cependant, personne de ceux qui ont participé au "festin" ne se retrouvera entrain de se curer les dents de quelques bouts de "viande" qui s'y seraient coincés.

Dans les deux cas, on peut parler d'anthropophagie. à la seule différence près que d'un côté, il y a satisfaction d'un besoin phisiologique à la suite d'un acte d'assassinat; et de l'autre, il y a satsifaction d'un besoin cosmologique au cours d'un rituel mystique.

A quel niveau faut-il situer l'anthropophagie chez les Fang? S'agit-il d'un acte qui conduit un bonhomme à devnir un prédateur pour son semblable, parce qu'il doit "nourrire" sa famille qui attend son retour de la chasse? Je crains que non. S'agit-il même d'un rituel où on prélève de la chaire sur un individu pour la faire cuire en vue de l'ingérer? Dans ce cas, il faut que les habitudes de consommation alignent parmi les vivres la chaire humaine pour sa propriété nutritive.

On connait, certes, des cas d'ingestion de chaire humaine qui sont arrivés de manière marginal; et qui ont été perpétré par des fous furieux qui étaient tout sauf des êtres normaux. Je peux citer un cas précis qui est intervenu à Minvoul, d'un type qui, au cours d'une partie de chasse, a abattu un homme de son village, l'a dépessé, en a rapporté des lambeaux de chaire au village et les a partagé à sa famille en disant qu'il avait abattu un gorille. L'affaire s'est su des anéées après, quand le neveux de la victime, préfet de Makokou à l'poque, découvre parmi les habitants de Makokou, le fusil qu'il avait lui-même offert à la victime. Il parvient à remonter le fil jusqu'au criminel qui reconnaitra les fats.

Je peux également citer un fait qui a défrayé la chronique dans les années 90; et qui se passait dans les montagnes enneigées de l'Himalaya à la suite d'un crash d'avion. Les survivants venant à manquer de provision puisqu'ils ne recevaient pas de secours, se sont mis, pour leur survie, àmanger les cadavres des gens qui n'avaient pas survécus à l'accident.

Mais je pense, à mon humble avis, que ni dans le premier cas, ni dans le second, le fait que de tels actes aient été perpétrés, même si cela s'était fait à répétition, n'induiraient pas à la conclusion que les Fang son anthropophages; ni que les européens, pour le fait que des passagers du vol crashé on ingéré de la chaire humaine, son tous anthropophages.

A Essonne Mfoulou-Ze, akiba abui pour ces précisions. En effet, peut-on parler de peuple anthropophage (cela sous-entendant que la chose est quasi une norme dans ledit peuple), en se basant ane bia bese bia dzo sur qq pratiques qui demeurent le fait d’une partie dudit peuple ? Mbgwel ene foa eté veda ye àyebe na Mbgwel ene a dzal ya ve bia ngul na bi dzo na ngum ayong wa dzi tit-mbot ? scratch Asu dama teghe ! Asu mam y’okoba (des guerriers fang mangeant le cœur des vaincus), où mettre aussi ces faits relatant par exemple des histoires de Belô (esclave de guerre) rejoignant le village de celui qui l’avait démis et au final avait un certain nombre de chances de devenir un nfang mot, un mbura mot dans le village de celui qui pourtant l’avait vaincu, simplement pcq d’après ces faits, en parlant d’esclavage, la société Fang-Beti offrait cette possibilité aux vaincus de "renaître" socialement. Bref asu dama, même si j’ai eu à lire certains écrits relatant ces cas de cœur de la victime mangés (pour moi cela relève plus d’un cannibalisme mystique), quand à côté j’ai aussi en tête des écrits et récits directs parlant de belô qui se sont parfaitement intégrés au village et ont développé une descendance, je ne me permettrais point, en me basant sur le seul premier cas, d’affirmer de façon péremptoire na be fang be ne ayong b’anthropophage.

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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 11:06

@Essonne Mfoulou-Ze : a na wama wa til ya ? Mbot ya Minvoul be bele be mbura bi Evu? lol! Eclaire ma lanterne s’il te plaît !!!!

Citation :
Alors, nous devons savoir de quoi nous parlons exactement. Moi je suis roiginaire de Minvoul; une partie du Gabon où on dit le Mgbwel très courant. Je ne crois pas pour autant que nous sommes anthropophages. Entendu par là que la consommation de la chaire humaine n'est pas une pratique courante, régulière et institutionnelle chez nous.

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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 11:14

OLLOMO ELLA mone yéndzok a écrit:
nous avançons dans des domaines que nous ne maitrisons pas et dans lesquels nous risquons de nous perdre.
je connais un peu l'histoire du christianisme et je n'ai jamais rencontré une référence à une éventuelle persécution inhérente à des cas d'anthropophagie physique. Je souhaiterais qu'ESSONO m'apporte quelques éléments dessus, par ce que j'avoue tout ignorer de cet aspect du christianisme.

ESSONO fils de MFOULOU rejoint mon point de vue lorsqu'il parle d'anthropophagie mystique. Je suis sur que quelqu'un d'autre bi ne éngong zogh mabem ébe Mba Evin'ekang vàna apportera des éléments nouveaux sur l'anthropophagie physique à des fins rituels.

ma dzo nà by'adzi a mbwoo, bya dzi fe émo, mais pas comme on mangerait un pangolin pour assouvir sa faim. on mange physiquement pour assouvir une faim spirituelle, mystique tout comme on boit physiquement du sang ou dans une moindre mesure des oeufs lorsque son évu en réclame.

Le même évu peut réclamer de la chaire humaine ou du sang humain pour se revigorer. la pratique la plus courante consiste à assouvir cette faim de manière mystique et c'est ce que décrit si bien ESSONO.

il peut également arriver que l'on consomme physiquement et cela donne d'ailleurs de meilleurs résultats que la consommation mystique. une consommation physique permet d'assouvir une faim mystique. la soif de puissance est une faim mystique que l'on peut assouvir en mangeant un coeur physique par exemple.

Effectivement anthropophaie= consommation physique. mais comprenons nous bien, lorsque je parle de consommation elle ne vise pas à se remplir le ventre, nous sommes d'excellents chasseurs, les antilopes que nous tuons font parfaitement l'affaire, et d'ailleurs nos villages se videraient en quelques jours telle était la finalité de la pratique. C'est une consommation qui est réservée à une classe sociale donnée, tout comme la tortue est réservée aux hommes et le ventre du sanglier aux personnes âgées, et elle vise à assouvir un faim mystique.

je regrette vraiment qu'ESSONO, pourtant originaire de Mivoul, ne connaisse pas grand chose sur le mbwoo dont il parle. s'il y a un mesèmeluhu, un mvéngomo, un sikomele, un minduhu, un biyoong, un ékoko-nsog, un okandjo, un medzim-me-susoo, un ebibing, kenguele-elok c'est-à-dire un NNEM confirmé, si ANGOUNG BERE MBA ou AYANGOUMOU est sur le forum qu'il vienne corroborer mes dires. Ces hommes d'Okui ne comprennent pas encore ce qui se passe ici à ENGONG, on devrait tous les envoyer à BIKALIK chez BEKA be OYONO.

Finalement tu dis quoi mon frère, je ne cerne plus trop ta position What a Face Sommes-nous anthropophage ou pas comme tu l’affirmais dans les post précédents, cette affirmation ayant été comprise par moi (au vu des écrits) comme une femme faisant partie d’un ayong qui mange de la chair humaine et doit l’assumer. Dans ton dernier post tu sembles rejoindre ceux qui dès le début appelaient à ne point généraliser et à ne pas confondre des cas marginaux de cannibalisme mystique ou d’anthropophagie accidentelle à de l’anthropophagie qui serait une réalité du peuple Fang.
A memana, mayen na bia bese bi ne king, des actes marginaux et d’ailleurs combattus par la société (d’ou existence passé du Ngil ou même aujourd’hui des Nguegan du Bissima et autres rites qui luttent contre les "malfaisants"), ne sauraient en aucun cas faire supputer que tout un peuple serait anthropophage. Ane nala e dô ma yen adzo té et une fois de plus, je me mets à la place d’un novice en quête d'une meilleure connaissance de soi nous lisant, soit il était pleins de préjugés et verra ceux-ci confirmés, soit alors il aura la démarche de remettre ses idées reçues à l’épreuve, et d’affiner sa réflexion, mais cela ne peut aussi être possible que si nous-mêmes essayons de savoir exactement de quoi on parle amu tô mia yi, tô mi yi ki, le simple fait d’écrire ici, nous donne déjà une certaine responsabilité. study

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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 11:26

Mayi na ma bare do mane ebuk : pour des gens qui sont sur une démarche de meilleure connaissance de leur Etre et de réappropriation de tout ce qu’on a mis à mal, il n’y a rien de pire que la généralisation. Avec la généralisation, asu dama il n’y a pas meilleur moyen de semer le doute dans l’esprit de ceux qui cherchent à se réveiller, ou de faire perdurer ces préjugés qui nous collent à la peau. A bobedzang na ya fe ! si nous-mêmes sommes si catégoriques en nous analysant, que dire quand d’autres sortent des contre-vérités sur nous ?
Pour en revenir au sujet sur l’anthropophagie, ma bare noang bibuk bi ndom dzam Evindi Mot. Bebela abui ngan ! Ma ve fe Ollomo Ella abui ngan amu mikobo mié mia bo na mam mezing me kui a nseng, finalement, dans cet échange d’arguments et contre-arguments, ça permet au milieu des écrits des uns et des autres d’affiner sa pensée personnelle. N’est-ce pas là aussi le but de ce forum ? Merci donc mes frères, v’osu !!!

Evindi Mot a écrit:

il y a des pratiques de cannibalisme dans toutes les cultures. il y a des déviances partout, là aussi se trouve la justification des institutions judiciaires qui sanctionnent, rappellent à l'ordre, veuillent au maintien de l'harmonie sociale.

le problème se situe ailleurs : l'existence de pratiques d'anthropophagie dans un des contextes occultes (assimiler la puissance d'autrui, etc.) ne permet pas de dire X ou Y sont anthropophages. voilà le problème. il y a bien des noms précis donnés et à ces pratiques et aux acteurs de ces pratiques (mbwöl/mgbel, beyem...). si ces pratiques sont bien indexées par ces peuples et combattues, alors ton affirmation cesse d'être pertinente et devient problématique.

farao

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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 13:53

comment ! cette histoire a vraiment réveillé l'evu de Minsili, vu la cadence avec laquelle elle bombarde postes et ripostes

modjang OLLOMO, je doute fort qu'ANGOUNG BERE MBA ou AYANGOUMOU viendront soutenir ici que consommer la chair humaine fait partie du régime alimentaire des citoyens d'Engong. pas de blasphème ici, s'il vous plaît

bot ye Engong ba di ntom(b)a, kup, mbong, ko(a)s, bifaka, bensia, ntuba/eko(a)n, odjoé, sas(ss), ngom, ngo(a)n, bilolé (canards), okpeng, fon, fo(a)s, mfiang owondo, mfiang ndo'o (ndoak), nka'a (varan)... NDOUTOUME MFOULOU est d'ailleurs comme tu le sais propriétaire d'un cheptel assez important vu que ses moutons sont souvent sollicités

modjang, tu parles comme un homme d'Okü qui pense que les réalités d'Okü sont celles d'Engong, erreur. A Engong on ne pratique pas d'anthropophagie mystique, tu te trompes lourdement modjang, revois ton Mvett. j'ose espérer que tu mettras très vite un bémol à ton projet d'expédition chez BEKA be OYONO, parce que tu risquerais fort bien de grossir le rang des forcenés de BIKALIK. ZE MEDANG, MONE EBO et ANGONE ZOK y veilleraient, sois en assuré.

akié, modjang ?! ainsi tu voudrais réunir AKOMA MBA, MEDANG BORO, MEDZA METOUGOU, MFOULOU ENGOUANG, ANGOUNG BERE MBA, NSING BERE MBA pour leur proposer la consommation de chair humaine à Engong- Zok-Mebeghe-Me-Mba ?? vas-y, mais sache que ces postes que tu nous as laissés riquent fort bien dans ce cas d'être aussi tes derniers

ah oui, trève de raccourcis : la puissance est dans le coeur. cette énergie est lumière. comment l'intensifie-t-on ? en développant les vertus du coeur. en travaillant sur soi, en polissant, en affinant sa personne, son humanité. on ne triche pas ici à Engong monsieur lol!

pourquoi penses-tu que dans le Mvett les guerriers se frappent la "poitrine" pour matérialiser toutes sortes d'armes ? parce que le coeur (poitrine) est le siège de la Force. il faut "se frapper la poitrine", autrement dit il faut travailler son coeur, son Etre profond, pour développer (matérialiser) sa Force Intérieure, sa Spiritualité (ses armes) pendant le combat (le chemin, le parcours initiatique, le démarche spirituelle).

le Mvett est d'actualité comme tu l'as si bien dit, et il est enseignement comme nous le savons tous.

parlant du coeur et pour en revenir à Kamet, la civilisation ancestrale de la Vallée du Nil si chère à modjang Essone, "la pesée du coeur" sur la balance de Maât (la vérité) consistait pour les dieux à jauger le degré de pureté du défunt, degré de pureté qui déterminait si oui ou non les portes de la béatitude lumineuse lui étaient ouvertes dans l'Au-delà.


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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 14:27

Minsili mi Ngoan Ewondo a écrit:
où mettre aussi ces faits relatant par exemple des histoires de Belô (esclave de guerre) rejoignant le village de celui qui l’avait démis et au final avait un certain nombre de chances de devenir un nfang mot, un mbura mot dans le village de celui qui pourtant l’avait vaincu, simplement pcq d’après ces faits, en parlant d’esclavage, la société Fang-Beti offrait cette possibilité aux vaincus de "renaître" socialement.

Bref asu dama, même si j’ai eu à lire certains écrits relatant ces cas de cœur de la victime mangés (pour moi cela relève plus d’un cannibalisme mystique), quand à côté j’ai aussi en tête des écrits et récits directs parlant de belô qui se sont parfaitement intégrés au village et ont développé une descendance, je ne me permettrais point, en me basant sur le seul premier cas, d’affirmer de façon péremptoire na be fang be ne ayong b’anthropophage.

ékiééé, a Minsili : ça s'appelle des arguments de poids, a kal djam ! akiiiiba a mema, akiba abuiii. ton evu semble bien en place, contrairement à tes inquiétudes, lol

effectivement ce fait que tu rappelles à nos mémoires va à l'encontre d'une hypothétique loi martiale en vigueur chez les Fang antiques qui aurait prescrit de tuer l'ennemi vaincu et d'offrir son coeur aux anciens à des fins de manducation rituelle. si la pratique a pu exister elle ne saurait être considérée comme une "norme" (pour te reprendre), une "institution" (pour reprendre modjang Essone).

Minsili ma ve wo akiba abuign
.


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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 18:36

si tu parles de régime alimentaire et de norme et si MINSILI parle de généralisation, c'est que vous ne m'avez pas bien compris.

depuis le début je parle de l'existence du phénomène chez lez Fang. dans mon précédent post, je dis bien que ce n'est pas pour assouvir une faim physique, les cheptels de NDOUTOUMOU MFOULOU servent à cela. je prend pourtant l'exemple de quelqu'un qui boit du sang ou des œufs pour entretenir son évu. s'il faut parler en termes de régime alimentaire je dirai que le chaire humaine fait parti du régime alimentaire de l'évu au même titre que les autres viandes cru et les œufs.

pour affirmer que c'est un fait marginal, il faudrait d'abord savoir combien d'EKANG ont un évu??? Pour ma part je n'en sais trop rien. Ce que je sais par contre c'est que chacun des évu existant chez les EKANG, qu'il soit blanc comme celui d'EBWANG ONDO ou rouge comme celui de SIKOMELEE, a consommé de la chaire humaine par l'entremise de la bouche de son propriétaire.

lorsqu'on parle d'un phénomène dans une société donnée, cela ne signifie pas que l'ensemble de la communauté pratique le phénomène observé. lorsqu'on dit que les Fang sont des joueurs de Mvett, cela ne signifie pas que MISILI est diseuse de Mvett. lorsqu'on dit que les Fang sont des guerriers cela ne signifie pas que ESSONO est guerrier. lorsqu'on dit qu'ils sont anthropophage, cela ne signifie pas qu'EVINDI MOT est anthropophage. lorsqu'on dit qu'ils sont polygames cela ne signifie pas qu'OLLOMO a des centaines de femmes comme AKOMA MBA. Cela signifie simplement que la pratique existe chez les Fang. Peu importe qu'elle soit légale et noble (comme conter du Mvett), ou illégale et réprimandée (comme fumer du chanvre ou commettre un adultère).

si je soutiens l'existence du phénomène, je m'oppose cependant au fait d'utiliser celui-ci pour nous caractériser, puisque nous même le réprimons. Et si d'ailleurs nous le réprimons c'est par ce nous savons qu'il existe effectivement chez nous. Comment voulez vous que l'on réprimande par exemple la prostitution dans une société n'ayant pas de prostitués???.

PCZ: NSIL'OOOO NSIL'OO
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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 20:31

evindi mot, toi qui aime si bien la science, je me rend compte que tu connais mieux la science des Blancs que nos propres sciences.

je suis Fang, mebo me tele ma osi, et je souhaiterais ouvrir les yeux de ceux qui comme toi les ferment volontairement pour éviter de voir ce qui se passe autour d'eux.

je suis désolé mais tu n'es pas seul dans ce village. Pire encore tu n'as que deux yeux alors que la grande majorité autour de toi en possède quatre. Ils s'apitoient sur ton sort parce tu ne vois qu'un infime partie des activité qui se déroulent autour de toi.

tu devrais me remercier parceque j'ai eu la magnanimité de prendre un peu de poudre dans ma corne d'antilope, d'en mettre dans un cornet compte goutte (éshèhè) et de venir verser quelques goutes dans tes yeux.

ton évu est bien en place tout comme celui de MINSILI mais tu ne l'utilise partiellement ou ne connais que partiellement ses véritables potentialités. pour que ton évu soit au maximum de ses capacités, il lui faut manger.A chaque type d'usage de l'évu correspond une alimentation appropriée. Toi tu as décidé volontairement de casser, à coup d'hypothèses ne relevant pas de nos sciences, les dents de ton évu, je ne suis donc pas surpris qu'il soit aujourd'hui affamé. Le débat sur ce forum n'est pas fortuit, et ma présence non plus: c'est un simple appel de la part de ton évu.

Je ne sais qui t'a initié, mais si c'était un véritable grand maître, il t'aurait dit que l'évu ne sert pas seulement à faire du bien. on peut l'utiliser pour nuire à son prochain. Ce second usage implique cependant que l'évu soit soumis à un régime alimentaire spécial composé entre autre de chaire humaine. et c'est parce que ce second type d'usage cause du tort au reste de la communauté qu'il a officiellement été proscrit.

malheureusement la société, ici à Engong, est constituée majoritairement de béliqueux. La course à la puissance, à la guerre, à la destruction, au meurtre fait qu'aujourd'hui le premier usage de l'évu est oublié.

lorsque qu'on frappe son ventre, c'est pour réveiller son évu. celui-ci agira en fonction des contextes. S'il est sollicité pour intervenir dans le contexte scientifique des mintangan, l'evu devra être préalablement nourrit de méthodes scientifiques occidentales (et c'est le seul usage que tu en fais). s'il s'agit de nos sciences (qu'une grande partie de la société pratique) alors il faudra nourrir son évu avec ce que nos sciences préconisent et c'est ce que font tous ceux qui ont quatre yeux.

ce n'est pas parce que ton évu n'a jamais consommé de chaire humaine que celui des autres ne le fait pas. s'ils le font, c'est pour atteindre tout comme toi un certain objectif donné et cela ne leur enlève nullement l'identité fang. Lorsque je dis que nous consommons de la chaire humaine, cela ne signifie pas que tout le village participe au banquet abaaa, non!!!! ce la signifie simplement que dans notre village certains consomment. éyong ma dzo na ''nous sommes de grands chasseurs'' cela ne signifie pas que tout le monde dans notre village pratique la chasse mais que certains excellent dans ce domaine. C'EST DANS CE SENS QUE JE DIS QUE NOUS SOMMES ANTHROPOPHAGES, et nous appartenons effectivement à un village dans lequel certains pratiquent l'anthropophagie.

de la même façon, je dirai que les chinois et les nigérians font de la contrefaçon, que les polonais sont chrétiens, que les italiens sont mafiozzi, que les brésiliennes sont jolies, que les Jamaicains fument des joins, que les Gabonais aiment le godet, que les camerounais dansent le bikutsi, que les Fangs sont intelligent (pourtant je ne le suis pas), que les rwandais font la guerre, que les Mitsogo dansent le bwiti, que les pygmées sont d'excellents médecins, que les japonais sont des bosseurs, que les français boivent du bon vin, que les béninois pratiquent le vaudou, que les gens d'Engog sont puissants, que les bamileke sont de bons commerçants, que les arabes sont musulmans, que les punu dansent l'ikoku, QUE LES FANG SONT ANTHROPOPHAGES.

ma dang bwini na owok yang.....
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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 23:06

kaa, ma bene wok. ma yebe ki wo a MIS MENYI(N), um-um

je regrette tu ne peux pas mettre sur le même pied d'égalité ou sur le même palier de valeur "les Fang sont des joueurs de Mvett" ou "les Fang sont des érudits" et une affirmation du type "les Fang sont anthropophages". l'érudition, la quête de la connaissance et la science ou l'art du Mvett sont des valeurs suprêmes cultivées par l'Ayong. le mbwöl est une activité criminelle proscrite comme tu le formules si bien par l'Ayong. ce n'est pas pareil du tout modjang.

lorque tu dis "les Fang (généralisation) sont joueurs de Mvett, chasseurs", cela signifie que le Mvett et la chasse sont des institutions ou des traits de caractère spécifiques qui caractérisent la société Fang.

pas besoin d'être initié (je confesse mon crime de n'en être pas un) pour comprendre que la puissance de manière générale peut servir à des fins nobles, constructives ou inversément poursuivre des visées destructrices, négatives. il n'a jamais été ques?ion pour ma part de dire qu'il n'y a chez nous (ou ailleurs) que du noble, du bon. il existe chez nous comme partout ailleurs des vampireux, des destructeurs et ils sont obligés de se cacher pour mener leurs sombres activités, nous sommes bien d'accord.

tu fais erreur en pensant que je refuse d'admettre ce qui peut se passer autour de moi. je sais que de tels phénomènes existent, sauf qu'en affirmant cela tu déplaces le problème. qu'Evindi Mot sache ou non qui la nuit opère , comment, avec quoi et sur qui n'est pas la direction sur laquelle cet échange est engagé.

je n'aime pas spécialement la science, cependant tu as raison modjang de dire que je suis un ignorant dans ma culture modjang, et sans fausse pudeur je reconnais qu'il s'agit là d'une anomalie. heureusement, les lumières que les uns et leus autres m'apportent à travers leurs contributions me permettent d'y remédier.

sache donc que je te remercie officiellement et te remercierai toujours pour ta magnanimité. mieux, chaque fois que tu prendras de la poudre dans ta corne d'antilope, en mettra dans un ésèhè (cornet compte-goutte) et viendra me verser quelques gouttes dans les yeux je te témoignerai toute ma reconnaissance. je n'ai jamais mis en doute les lumières que tu peux apporter dans ce forum. je m'en réjouis et me sens honoré de pouvoir en bénéficier en vérité.

ceci dit, modjang, la fin de non-recevoir que j'ai exprimée par rapport à ton affirmation reste d'actualité (comme le Mvett) et je crains que tes MIS MENYIN n'y changent rien

plus sérieusement, tu ne peux raisonnablement pas te lever et lancer : "les Fang sont anthropophages" en argumentant que si tu le dis c'est parce que la chose concerne des marginaux parmi les Fang qui se livrent à ces pratiques interdites, hors-la-loi. c'est ça qui ne passe pas et ne passera pas. ce que certains Fang peuvent faire en cachette parce que la société Fang, loin de le prescrire, le proscrit et le sanctionne, ne peut pas te servir pour affirmer que les Fang sont justement cette chose là. entre nous, il faut vraiment le vouloir pour soutenir une tel raisonnement. le particulier doit demeurer le particulier pour éviter les confusions malheureuses.

même en suivant ton raisonnement je suis en désaccord avec tes conclusions : "les nigérians et les chinois font... les polonais sont... les gabonais sont... les kam-elonais font... les italiens sont... les arabes sont... les pygmées sont... les japonais sont... les français sont... les bamilékés sont... ". il s'agirait de tendances générales observables chez ces peuples (à supposer toutefois que tes observation soient fondées), et non de phénomènes marginaux. tu prends donc un trait de caractère que tu penses être général chez ces peuples.

si comme tu l'expliques "certains" seulement, c-à-d une quantité infime parmi les Fang "excellaient dans ce domaine" (pour te reprendre), alors tu ne pourrais pas dire "les Fang sont de grands chasseurs", je regrette. le fait que "certains Fang" puissent être d'excellents chasseurs ne suffit pas pour dire que les Fang en général sont d'habiles chasseurs. si tu l'énonces c'est bien que loin de ne concerner que "certains", la chasse est une activité sociale dans laquelle (et là tu peux à raison généraliser) le peuple Fang, les Fang se sont spécialisés.

le fait pour nous "d'appartenir effectivement à un village dans lequel certains pratiquent l'anthropophagie" ne fait pas de nous des anthropophages, non modjang. voilà exactement mon propos. c'est ce raccourci que tu prends qui fait problème.

nsil'ooo; nsil' éééé : alors, avec un Fang t'attends-tu d'emblée à te trouver en face d'un anthropophage, d'un cannibale, d'un bouffeur de tit-mot (tid-moro) ?

a) si la réponse que tu peux en ton âme et conscience apporter à cette ques?ion est "oui", alors tu as raison de défendre ton affirmation de départ et moi dans ce cas je continue de maintenir mon désaccord initial.

b) si au contraire la réponse que tu peux apporter en ton âme et conscience à cette ques?ion est "non", alors tu rejoins l'ensemble de ceux qui ont exprimé leur désaccord : les Fang ne sont pas anthropophages.


ma dang buni na o wok ya...



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Ven 19 Sep - 23:20

modjang OLLOMO ELA,

par rapport aux personnages du Mvett qui auraient tous existé, je pense qu'il ne faudrait pas négliger la (grande) part du symbolique, de l'imagé, de l'allégorique dans le Mvett. nous devons envisager que des personnages symboliques doivent nécessairement peupler les récits.

pour ce qui est des noms que l'on retrouve dans les généalogies, certains peuvent effectivement correspondre à des personnages racontés dans le Mvett, mais d'autres aussi pourraient n'être que des homonymes. la probabilité qu'il puisse exister plus d'un Ze Medang, Ndoutoume Mfoulou, Oyono Mba dans le monde Fang n'est pas si mince que ça au fond
.


farao
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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Sam 20 Sep - 9:59

a mwadzang, Me bele mwane nsili.

A partir de quel moment peut-on affirmer qu'un fait, un phénomène ou une activité appartiennent à une société donnée???
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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Sam 20 Sep - 16:19

OLLOMO ELLA mone yéndzok a écrit:
nous avançons dans des domaines que nous ne maitrisons pas et dans lesquels nous risquons de nous perdre.
Voilà ce q'on appelle une phrase sensée Very Happy !!!! Malheureusement celui qui l'énonce est le premier à ne pas la mettre en pratique!!! Moadzang Ollomo Ella affirme de manière péremptoire que les fang sont antropophages, c'est son droit. Seulement, nous attendons qu'il nous étaye tout cela par un argumentaire rigoureux. Mais que fait-il? Il nous sort le chapitre du mbwoo Very Happy
OLLOMO ELLA mone yéndzok a écrit:
Le même évu peut réclamer de la chaire humaine ou du sang humain pour se revigorer. la pratique la plus courante consiste à assouvir cette faim de manière mystique et c'est ce que décrit si bien ESSONO.
(...) Je regrette vraiment qu'ESSONO, pourtant originaire de Minvoul, ne connaisse pas grand chose sur le mbwoo dont il parle.
A moadzang Ollomo Ella, en toute modestie, sais-tu de quoi tu parles? Qu'est ce que le cannibalisme? A partir de quels critères peut-on dire de tel peuple qu'il est antropophage? Des actes locaux, qui sont des dérives et des exceptions, peuvent-ils constituer la norme? Si c'es le cas, tous les peuples ne sont-ils antropophages dans ce cas?
Le problème, enfin l'un des problèmes, c'est que nous parlons la langue française comme nous parlons en fang. Nous parlons d'antropophagie mystique parce qu'en fang, dans le cas du mbwoo, on parle de manger quelqu'un. Nous tirons rapidement un parallèle et nous pensons que nous sommes toujours sur le même plan. Or c'est faux!!! Dans le cas du mbwoo il n'y a pas d'actes antropophagiques en nous fiant au sens premier du terme, car l'antropophagie ce n'est pas le fait de manger l'esprit de quelqu'un (ce qui n'existe pas en réalité car on ne mange l'esprit de personne), c'est plutôt le fait de manger de la chair humaine. N'importe quel dictionnaire de langue française peut nous éclairer à cet effet. La chair humaine est-elle spirituelle? Si la réponse est oui, c'est que nous entrons purement et simplement dans le symbolisme car la réponse en réalité est non. L'esprit est différent de la matière. Parlons de ce que nous savons, ou taisons-nous lol!. C'est ce que j'ai fait jusque-là car tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien.
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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Sam 20 Sep - 20:40

aka, modjang OLLOMO, de grâce ne faisons pas dans la phraséologie ou la rhétorique qui ne nous mèneront pas bien loin j'en ai peur. tu as affirmé et tu persistes à dire que des pratiques marginales et proscrites d'anthropophagie par certains Fang t'autorisent à conclure que les Fang sont anthropophages. moi et d'autres te disont : "non", pour les raisons que nous énonçons tous ensemble.

modjang en réalité c'est toi-même qui te répond "non". tu admets qu'il ne s'agit pas de phénomènes institutionnalisés par la société Fang, um-um ; tu reconnais qu'il s'agit de pratiques hors-la-loi, interdites et combattues, um-um ; tu reconnais qu'il ne s'agit pas de valeurs de la société Fang, um-um ; tu ne contestes pas le fait qu'il s'agit de pratiques qui se font en cachette de la communauté, um-um. alors, agissant de la sorte tu dis exactement ce que beaucoup répètent depuis le début de la discussion : les Fang ne sont pas anthropophages. essaye de te relire, tu verras peut-être pourquoi je pense que tu démontres l'inverse de ce que tu as affirmé au départ.

en fait nous empruntons tous le même chemin, le même trajet, mais nous aboutissons à deux points d'arrivée totalement opposés ?! tu aboutis à "oui" là où les autres aboutissent à "non". c'est ça qui me laisse cette fois réellement... perplexe

au terme du voyage que je constate nous avons effectué tous ensemble, ton terminus fait problème, parce qu'il ne correspond pas au trajet emprunté. c'est à ce niveau modjang que je me gratte la tête. j'avoue vraiment ne pas comprendre que tu refuses de comprendre mon point de vue et celui d'autres Ekang du forum, comprends-tu tare Akoma ?

personnellement j'appelle la conclusion à laquelle toi tu réussis à aboutir : "l'énigme", "le mystère". modjang, si d'emblée tu nous avais par exemple dit : "je suis anthropophage", okay, il n'y aurait pas eu de problème. j'aurais simplement compris que tu t'évertues sans trop de bonheur (reconnaissons-le) à faire la propagande de ton business. mais tu ne l'as pas fait. tu t'es contenté d'évoquer la pratique d'un air amusé et presque jubilatoire. tu as donné des exemples très ou trop précis, mais pas une fois tu n'as professé être cannibale toi-même, ce qui ne m'autorise pas à penser que tu serais entrain de faire de la com pour "be-ndi bot & Co". voilà pourquoi je parle de "l'énigme".
wa dang bwini na o wok yang...

P.S : maintenant modjang, rien ne t'empêche aussi de nous simplifer la tâche sous la forme d'une petite... confession je ne pense pas que le ngii viendrait sévir ici sur monefang.com




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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Sam 20 Sep - 22:38

Evindi Mot a écrit:
maintenant modjang, rien ne t'empêche aussi de nous simplifer la tâche sous la forme d'une petite... confession je ne pense que le ngii viendrait sévir ici sur monefang.com [/i][/font] [/size]farao
lol! lol!
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Nyamoro OLLOM'ELLA NGUEMA



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Dim 21 Sep - 5:01

Adzidzon, je suis désolé mais t'as pas bien compris ce que je dis dans mes postes. je veux tout simplement démontrer, lorsque j'évoque le mbwoo, qu'il y une relation entre consommer de la chaire humaine et acquerir une certaine puissance spirituelle. pour monter qu'il y a une consommation physique à des fins mystiques je vous ai pris l'exemple de quelqu'un tel que le NDONG MBAA et tous les autres sorciers, qui boit du sang physique pour entretenir son évu mystique. si tu n'as pas compris que j'évoque le mbwoo pour établir cette relation c'est que tu ne comprends pas ma position.

le sujet du débat est: ''cannibalisme fang: réalité ou invention coloniale''. je dis simplement que ce n'est pas une invention coloniale mais une réalité.

Puisque vous aimez tant le dictionnaire, on parle de réalité pour désigner le ''caractère de ce qui est réel, de ce qui existe effectivement'' (LAROUSSE 2008, P858). Ce que je dis c'est que le cannibalisme, c'est-à-dire, (comme vous le dites si bien) la consommation physique de chaire humaine, existe, que cela est une réalité mais pas une invention des mintaann. Et je vous est largement expliqué à quel moment la pratique a lieu, quelles sont les parties du corps consommées, qui mange et l'objectif à atteindre. Vous ne m'apportez aucune preuve contraire et vous changez subitement de sujet en vous mettant à parler de légalité, de consommation marginale etc. dans le sujet, il n'y a de référence ni à la norme, ni au fait que cela est approuvé, ni de phénomène institutionnalisé (pour reprendre EVINDI), on ne demande pas non plus si cela doit être retenu pour caractériser le fang, si c'est un interdit. On demande simplement si cela existe, c'est aussi simple que cela. c'est une pratique ''hors la loi'' (utilisez tous les qualificatifs que vous voulez) mais c'est une pratique quand même et vous mêmes vous le reconnaissez.

pratique marginale ou pas ce n'est pas ce dont on débat ici c'est de l'existance de celle-ci.

EVINDI mOT, il n'est pas question de prendre le point de vue de qui que ce soit. sur le forum j'ai trouvé une question posée et j'y répond strictement c'est tout. et si vous ne comprenez pas qu'il est question ici de l'existence du phénomène et non pas de sa généralisation, de sa légalité et encore moins de son institutionalisalisation, c'est que vous ne comprenez même pas sur quel sujet porte le débat.

EVINDI MOT DZE FE WA BO ANA? Penses-tu réellement qu'il faut participer à un festin anthropophagique, qu'il faut être anthropophage pour parler d'anthropophagie??? Toi même tu parle du Nguii, as-tu déjà participé à une cérémonie Nguii??? en a tu déjà vu??? moi au moins j'ai vu un Nguii et un ZOK, pourtant tu en parle. ARRETE DE FAIRE DE LA DIGRESSION ET D'ÉLUDER LE SUJET. C'EST UN SUJET TRES SERIEUX. Si pour toi parler du Guii est un business ce n'est pas mon cas. Je ne suis pas en train de défendre l'anthropophagie et si tu penses que c'est ma position c'est que tu es une fois de plus à côté (et je me demande même si tu comprends quoi que ce soit à ce débat). Je dis tout simplement que le phénomène existe chez les fang et c'est la question qui est posée.

si vous admettez que c'est un fait marginal c'est que vous reconnaissez qu'il existe, que c'est une ''réalité'' et vous avez répondu à la question de départ. et moi je ne fais que vous présenter la pratique telle qu'elle m'a été présentée et telle qu'elle se réalise dans notre village c'est tout. c'est votre cheminement que je ne comprend pas.

Si vous voulez maintenant traiter d'un autre sujet, celui par exemple de son institutionnalisation ou de sa légalisation, lancez un autre débat, mais ne l'introduisez pas ici puisque nous traitons d'autre chose, et j'ai l'impression d'être le seul à en parler.

JE RÉPÈTE, ON PARLE DE L'EXISTENCE DU PHÉNOMÈNE, ET NON DE SA LÉGALITÉ

, NON PAS DE SON INSTITUTIONNALISATION . ON NE DEMANDE PAS SI C'EST UNE NORME , SI TOUS LES FANG ET CEUX DE CE FORUM MANGENT , SI C'EST PROSCRIT (c'est ce dont débat EVINDI) . ON DEMANDE JUSTE SI CELA EXISTE C'EST TOUT (relisez le sujet, c'est celui là que je traite et pas un autre, je répond à une question posée). LORSQUE VOUS DITES QUE C'EST UN FAIT MARGINAL, QUE CERTAINS MANGENT? QUE C'EST PROSCRIT, VOUS RECONNAISSEZ QU'IL EXISTE, BIEN QU'IL NE SOIT PAS LÉGAL; ET VOUS AVEZ RÉPONDU à LA QUESTION DE DÉPART DE MANIÈRE AFFIRMATIVE.

ASEN EMANE MVUT, BEWAHA BE MAN'ENGONG, ATSAMEGALE EMANE BOT EBE MBOULOU OBIANG MINKO; NDZO MESOONG ANE KAHA KOBO NE ENEING, NKUT OYENG KAHA KOBO ANE YEE. NTUMU ABELE BEYEENG, OKAK OBELE MESING, BULU NYAHA BELE OBAN YA MVELE, YA MEDZO ME ZAMA YA MEDUGH NSAMA MBOHO.

J'ai parlé.
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Essonne de Mvome-Zoq



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Lun 22 Sep - 23:47

Ma ve mine bese mbolo!

Après un petit recule, je reviens sur ce sujet qui semble ne pas toujours trouver de porte de sortie. Et quand je relis les arguments des uns et des autres, je vois "on ne sait pas compris" par ci; "vous ne m'avez pas compris" par là. Et c'est franchement embetant.

Afin de permettre à tout le monde de se mettre d'accord, Je vais essayer de poser une problématique de notre sujet.

Le canibalisme est le fait pour un humain ou même un animal de consommer de la chaire de ses semblables. C'est d'ailleurs à peu près le même sens pour l'anthropophagie qui ajoute toutefois une nuance qui est celle du rituel, élément d'une cohérence sociale particulière qui, d'ordinaire, a des prolongements cosmologiques.

Pour qualifier un peuple de canibale ou d'anthropophage, il est nécessaire que l'une ou l'autre de ces pratiques soient suffisamment répendues dans leurs meours pour que celles-ci deviennent une caractéristique de leur culture ou de leur société. Alors quel est le degré de propention ou prévalence de ces pratiques chez les Fang? Le canibalisme ou l'anthropophagie, outre des cas de démence, de déviance sporadique de quelques individus ou de pratiques occultes de quelques cercles peu ortodoxes, sont ils des faits habituels de la vie sociale chez les Fang? Et quand je dis "vie sociale", je parle de tout ce qui rentre dans le stricte cadre des choses communément admises comme étant partie intégrante du mode de vie.

Le Mgbwel, on le sait tous, est une pratique réservée à une infime minorité d'initiés. On peut comparer son existance chez les Fang à celle par exemple de cercles ésotériques chez d'autres où, assez souvent, on note des pratiques pour le moins surprenantes qui peuvent aller très loin dans l'inattendu. L'histoire regorge de récits qui retrace les pratiques de moultes groupes du même genre dans le monde entier. Devons nous, là où les mêmes pratiques par des minorités invisibles n'ont pas déteint sur le reste de la société, appliquer à la société Fang toute entière, les pratiques peu orthodoxes et minoritaires de quelques beyem qui, comme ailleurs, sont sans foi ni loi?

Je voudrais terminer mon interrogation en disant ceci: la criminalité est très répendue au USA où on dit dénombrer un mort par assassinat toutes les trois secondes. Les Américains sont ils pour autant des criminels? On connait la multiplicité des cas de pédophilie en occident et tout le mel qu'on y éprouve à endiguer ce problème. Les Occidentaux en sont pour autant des pédophiles? Sont ils de nudistes? Sont ils des homosexuels?...

Et puisque nous y sommes, à quel moment est on en droit de dire d'un peuple qu'il est canibale ou anthropophage? Est-ce chaque fois q'un, deux, trois ou cent cas ont été mis à jour? Dans ce cas qui connait un seul peuple dans ce monde qui n'ait pas connu des cas de canibalismes ou d'anthropophagie? Celui - là serait bien le seul sur terre à ne pas rejoindre les Fang dans leur caractéristique de peuple anthropophage, si j'en juge par certaines affirmations vite faites ici.

Que dire de plus, sinon que je reste sur ma faim. Pour mon frère Ollomo qui semble vouloir nous convaincre d'appartenir à une civilisation canibale, il reste à m'en convaincre. Par ailleurs, au sujet du canibalisme chrétien, il est vrai que ce n'est pas avec notre éducation chrétienne que nous en apprendrons des choses. Il faut avoir le courage de consulter des oeuvres escatholiques et d'autres que celles qui servent à l'enseignement de l'évangile. D'ailleurs, ces choses figurent dans l'histoire de la religion chrétienne ou celle de certains "saints" qui ont été persécutés et mis à mort. Vous n'allez tout de même pas imaginer que c'était pour leur extrême bonté qu'ils avaient été conduit sur le bûcher!
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Mar 23 Sep - 15:44

Essonne Mfoulou-Ze a écrit:
Pour qualifier un peuple de canibale ou d'anthropophage, il est nécessaire que l'une ou l'autre de ces pratiques soient suffisamment répendues dans leurs meours pour que celles-ci deviennent une caractéristique de leur culture ou de leur société. Alors quel est le degré de propention ou prévalence de ces pratiques chez les Fang? Le canibalisme ou l'anthropophagie, outre des cas de démence, de déviance sporadique de quelques individus ou de pratiques occultes de quelques cercles peu ortodoxes, sont ils des faits habituels de la vie sociale chez les Fang? Et quand je dis "vie sociale", je parle de tout ce qui rentre dans le stricte cadre des choses communément admises comme étant partie intégrante du mode de vie.Le Mgbwel, on le sait tous, est une pratique réservée à une infime minorité d'initiés. On peut comparer son existance chez les Fang à celle par exemple de cercles ésotériques chez d'autres où, assez souvent, on note des pratiques pour le moins surprenantes qui peuvent aller très loin dans l'inattendu. L'histoire regorge de récits qui retrace les pratiques de moultes groupes du même genre dans le monde entier. Devons nous, là où les mêmes pratiques par des minorités invisibles n'ont pas déteint sur le reste de la société, appliquer à la société Fang toute entière, les pratiques peu orthodoxes et minoritaires de quelques beyem qui, comme ailleurs, sont sans foi ni loi?Je voudrais terminer mon interrogation en disant ceci: la criminalité est très répendue au USA où on dit dénombrer un mort par assassinat toutes les trois secondes. Les Américains sont ils pour autant des criminels? On connait la multiplicité des cas de pédophilie en occident et tout le mel qu'on y éprouve à endiguer ce problème. Les Occidentaux en sont pour autant des pédophiles? Sont ils de nudistes? Sont ils des homosexuels?...Et puisque nous y sommes, à quel moment est on en droit de dire d'un peuple qu'il est canibale ou anthropophage? Est-ce chaque fois q'un, deux, trois ou cent cas ont été mis à jour? Dans ce cas qui connait un seul peuple dans ce monde qui n'ait pas connu des cas de canibalismes ou d'anthropophagie?

Akiba a moadzang C'est clair, net, limpide...
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Essonne de Mvome-Zoq



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Mer 24 Sep - 0:32

Minsili mi Ngoan Ewondo a écrit:
@Essonne Mfoulou-Ze : a na wama wa til ya ? Mbot ya Minvoul be bele be mbura bi Evu? lol! Eclaire ma lanterne s’il te plaît !!!!

Citation :
Alors, nous devons savoir de quoi nous parlons exactement. Moi je suis roiginaire de Minvoul; une partie du Gabon où on dit le Mgbwel très courant. Je ne crois pas pour autant que nous sommes anthropophages. Entendu par là que la consommation de la chaire humaine n'est pas une pratique courante, régulière et institutionnelle chez nous.

Aaa Minsili! C'est parce que tu ne prêtes pas attention à ce qui est dit sur tes frères de la nation Fang au Gabon. Le seul fait de prononcer "Minvoul" dans ce pays fait sursauter toute une contrée! On nous dit rompus dans les arts parallèles du Mgbwel comme d'autres excellent dans la pèche ou dans la chasse. Il parait qu'un jour un tour de passe passe a été réalisé sur un Hélicoptère. Depuis lors, la sorcèlerie nous colle à la peau. Pourtant, tout ce que nous savons à Minvoul, c'est que chaque fois que quelqu'un, pour avoir été vaincu au combat mystique, se trouve à l'article de la mort, c'est à Minvoul qu'il se fait soigner. Le ntsi (pays) tout entier se fait ainsi soingner d'à peu près tout et n'importe quoi... Il faut d'ailleurs voir comment ils sont heureux ensuite. Mais cela n'empèche pas les mauvaises langues de nous coller l'étiquette de férus de Mgbwel.

Mais la vérité, c'est que: Nkat wa tele mot éti engongol. Donc nous on a même cessé de nous porter en faux par rapport à cela depuis longtemps. Et on a pris l'habitude de dire: OOOWEEE! Bi ne beyem! Bot bese, koan bi wong!
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Minsili mi Ngoan Ewondo



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MessageSujet: Re: Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?   Mer 24 Sep - 10:00

J'ai à nouveau relu le post initial qui a suscité notre débat actuel, ma bare gne furi muna e ane mina besë mia yi lang, nsili one na : ye be Fang (sous-entendu la société fang) ba dzi tit-mot ane mitangan mi ga dzo et non : existe-t-il des cas de cannibalisme chez les fang Wink Le sujet ici est bel et bien de savoir si le cannibalisme serait une caractéristique de la société fang et donc dans ce cas une norme : la réponse est evidemment TEGHE ! NON !

AKOMO-ZOGHE-MEZA a écrit:
Cannibalisme fañ : réalité ou invention coloniale ?

D'abord, je tiens à vous rappeler que ce sont des débats encore d'actualité de nos jours et dont nous avons la mission de tenter d'apporter des éclaircissements. C'est d'autant plus important dans la mesure où étant d'abord issus des produits des colonisations et de la race noire, avec tout ce que cela comporte comme discours visant à les réduire à l'arrière plan des civilisations dites supérieures, nous devons un temps soit peu nous interroger sur tout ce qui s'est dit sur ces différentes composantes à l'époque coloniale. Tel est le cas du cannibalisme fañ qui est aujourd'hui une préoccupation majeure dans les rapports qui existent entre les Fañ et les autres ethnies du Gabon et cela en va de même pour la compréhension du peuple fañ tout entier ainsi que dans sa complexité aujourd'hui.

Nous avons la capacité de nos jours de raisonner, de lire et d'interroger nos parents et pouquoi pas de nous reférer à l'épopée du Mvett, qui, d'une certaine façon retrace l'histoire du peuple fañ pour obtenir la réponse à la question selon laquelle les Fañ fussent/sont ils ou non Anthropophages?

Alors, si l'on fonde des arguments sur le fait qu'un fañ m'aurait corroboré que nos Ancêtres étaient anthropophages, si tel est le cas, je suis désolé et je regrette que cela paraîsse à vos yeux un argument convaincant. De cette façon, vous tomberez encore dans l'acceptation des discours eurocentriques qui stipulaient que les Noirs/es étaient inférieurs aux Blancs. Vous sentez-vous inférieurs parce que vous êtes Noirs/es?

Cependant, si selon vous les fañ sont anthropophages, selon l'aveu d'un de vos amis fañ qui vous l'aurait confirmer, pourquoi ceux du Cameroun et d'ailleurs ignorent-ils cet aspect de notre histoire? Encore une fois, je n'ai Jamais, je dis bien Jamais lu ni entendu un fañ dire ou écrire que pendant notre passé nos Ancêtres mangeaient des Humains. Pas même le Mvett, qui est un témoin vivant de notre histoire ne souligne pas cet aspect dans notre histoire. Alors je m'inscris en faux par rapport aux dires non fondés de vos amis/es, qui, selon moi ne sont pas dignes de crédits, de plus si tel est le cas, qu'ils ne prennent pas leur exemple pour généraliser tous les Fañ. Moi j'ai eu la grâce de voir mon arrière grande-mère, c'est-à-dire la mère de mon grand-prère. Elle me parlait de la migration fañ, du Mvett, de l'époque de la faim et des pactes amoureux, appelés "nvone e bulu" dont parle Pierre Claver Zeng qui avaient décimés les Fañ, de la tradition, culture, mythe, légende fañ, etc. Jamais elle ne m'avait soufflé un jour que l'anthropophagie faisait partie de leurs pratiques quotidiennes ni même gastronomique. Alors, que les personnes qui continuent de véhiculer de telles informations, si elles n'ont pas de véritables arguments pour le prouver, qu'elles arrêtent, car selon moi, c'est fallacieux, c'est peu rigoureux, c'est d'une vacuité notoire et elles confinent selon moi à un niveau de réflexion en germination. Encore une fois, ne généralisons pas les cas isolés. Alors, je vais vous soumettre plus ou moins ma réflexion sur la naissance de cette ignominie, en fonction de l'histoire coloniale française au Gabon et par rapport aux documents que j'ai eus la chance d'exploiter sur l'origine du mythe cannibaliste fañ.

En effet, si les premiers colons se sont basés sur l'aspect externe des Fañ, notamment les mutilations corporelles (la taille des dents, scarifications, tatouages, etc. ), le maniement des armes, la danse, la témérité, l'intelligence, la cruauté, la force des Fañ, etc. pour enfin déduire que les Fañ étaient anthropophages, moi j'estime que ce n'était qu'une impression, une ignorance, une récupération européenne (voir l'histoire des Barbares en grèce antique) que la doxa a récupéré pour discréditer et diaboliser tout un peuple. Ceux à qui je parle se reconnaîtront dans ce message car je suis contre les jeunes intellectuels qui fondent leurs arguments sur des exemples perfides pour en faire de "vérités" absolues et indéniables. Le cas de Mba Nteme n'est pas celui de tous les Fañ, etc. Le cas des ancêtres de vos amis/es qui mangeaient des Humains n'est pas celui des miens, ni même celui des autres Fañ.

Par conséquent, je vais vous retracer plus où moins la naissance de cette chose qui s'est répendue et qui est selon certains fañ peu arvertis et les non-fañ, une "vérité" historique sur le cannibalisme qui nous "caractérise" aujourd'hui au Gabon.

Sur le plan culturel, si les Fañ étaient VRAIMENT anthropophages, l'expérience nous l'aurait démontré aujourd'hui car tout ce qui est en rapport avec la culture reste présent et vivant dans les moeurs des invidividus qui la pratiquaient/pratiquent. On ne chercherait pas des arguments pour l'illustrer comme il en est le cas pour le cannibalisme fañ. Nous entendons souventes fois, qu'un ami, un parent, une tante, un oncle ou même un Monsieur X m'aurait dit que les Fañ mangeaient les Humains...Or, les traits définitoires d'une cultutre ne se brocardent pas d'un trait pour spéculer sur des argurments infondés de quelques individus non-cultivés, aigris et complexés vis-à-vis du peuple fañ car si l'anthropophagie il y avait parmi les Fañ, l'on continuerait à la pratiquer aujourd'hui. Le cas du Mvett qui s'est imposé et qui subsiste encore de nos jours, la généalogie chez les Fañ, le byer, la langue et d'autres pratiques culturelles, etc. en sont des parfaits exemples pour dire que si les Fañ mangeaient des Humains, point n'était besoin de chercher des arguments lointains et épars pour le justifier.

De ce fait, pourquoi faire des conjectures lorsqu'il s'agit de l'anthropophagie fañ? Tout ce que j'entends sur cette histoire c'est : Un Ancêtre de X aurait mangé le parent de Mr. ou Mme Y à X époque... ou bien l'ami de mon ami fañ m'aurait dit que ses grands-parents auraient mangé le parent de Y.... Parfois même, l'on parle d'un certain village fañ à N'djolé au Moyen Ogooué (Gabon) qui semble t-il était le fief de l'anthropophagie. Qui l'a vu? Comment s'appelle t-il? Combien de familles au Gabon furent victimes de cette pratique dans ce dernier? Personne n'a des preuves à part des exemples singuliers de quelques individus qui l'auraient fait parmi les fañ. Mais cela n'est pas l'expression d'une identité collective.... En 2005 à Lébamba (Ngounié, au Gabon) en guise d'exemple, un punu découpa sa vieille mère et se mit à la manger, j'étais encore à Libreville, c'était un fait divers qui passa sous silence. Alors est ce que cet exemple fait du peuple punu des anthropophages?

Aussi, savons-nous que les premiers colons qui visitèrent les Fañ déduirent de facto que nos Ancêtres étaient anthropophages à travers des mutilations corporelles, notamment la taille des dents. D'ailleurs, beaucoup d'anthropologues à cette époque revisitèrent leurs préjugés par rapport aux commentaires et aux bruits causés par la migration fañ. "Peuple qui décime Tout sur leur chemin", "Peuple fort, guerrier, audacieux, sans pitié, envahisseur, ...". En effet, il est sans ignorer que les Fañ taillaient leur dentition. C'était un argument très fort dans la naissance et l'émergence de cette infamie à cette époque. Or, lorsque nous interrogeons l'histoire culturelle de notre peuple, effectivement nos ancêtres taillaient leur denture, mais à quelles fins?

Dans le livre de Philippe Laburthe-Tolra et Jean-Pierre Warnier, Ethnologie Athropologie, Paris, PUF, p. 178. Il est mentionné que :" chez les Fãn, les mutilations corporelles (la taille des dents, les tatouages, les scarifications) ont/avaient pour effet, d'inscrire douloureusement dans le corps la mémoire de l'initiation, de marquer dans l'ordre naturel un événement culturel. Leur but est/était de signifier la "puberté sociale", l'obtention du statut comportant les droits et devoirs des adultes."

Sur le plan artistique, les femmes se servaient de leur dentition taillée pour donner des formes multiples à leurs colliers. Car nous le savons tous que les Fañ fondaient le fer, et à l'aide de ce liquide, ils fabriquaient des armes, colliers, sacs, etc. Cette même denture était aussi un signe de beauté chez les jeunes épouses.

Alors, lorsque ces Colons sont arrivés, connaissant seulement la renommée des Fañ depuis la migration, ils se précipitèrent pour déduire que la dentition taillée des Fañ étaitent une preuve pour inférer qu'ils étaient anthropophages. Ce ne fut que le produit d'une ignorance caractérisée, le fruit des préjugés, des stéréotypes et un souci de les confiner à une ethnie inférieure, barbare, primitive, immature, abjecte, arriérée, vis-à-vis des Mpongwés qui semblaient collaborer avec eux sur la côte gabonaise, etc.

Demandons-nous pourquoi de nos jours le problème de la Traite et de l'Esclavage reprend de plus en plus de l'ampleur? Pourquoi la France a reconnu la Traite comme étant un crime contre l'humanité? Posons-nous toutes ces questions car le cas du cannibalisme fañ est né à des fins d'une colonisation à la française au Gabon et partout ailleurs en Afrique centrale, l'opposition des Ethnies (Les minorités contre l'ethnie dominante, surtout lorsque cette dernière ne voulait pas collaborer avec elle ou vice versa) qui avait pour mission de diviser pour mieux régner, nous le verrons plus bas. Ce n'est qu'un début car toutes les inventions coloniales vis-à-vis du peuple noir sont en train d'être exhumées. Et c'est le cas de l'invention du cannibalisme fañ qui n'était rien d'autre qu'une façon pour les premiers missionnaires français de légitimer leur présence au Gabon auprès des peuples opprimés par l'arrivée massive des Fañ." Nous sommes venus en sauveurs des ethnies minoritaires qui craignaient la menace des Fañ", disaient-ils.

Pour ce qui est de cette arrivée, plusieurs spéculations se firent entendre. Certains Colons comme Paul du Chaillu, après s'être complaisamment attardé sur le cannibalisme des Fañ par le biais des préjugés que je viens d'évoquer susdit pensaient en 1863, en ces mots:
" les Fañ parraissaient être le peuple le plus remarquable que j'eusse encore vu dans cette partie reculée de l'Afrique. D'une couleur plus claire qu'aucune des tribus de la côte, forts, grands, bien bâtis, ils témoignent d'une grande activité; leur regard me semblait aussi plus intelligent que celui des Africains qui n'ont pas encore eu des rapports avec les blancs".

Voir p. 6 article Dévoreurs de la nation: Les fang au Gabon. In: Coquery-Vidrovitch & Issiaka Mandé, Etre étranger et migrant en Afrique au XXe siècle, Paris, l'Harmattan, pp. 169-187.

D'autres explorateurs et anthropologues envisagèrent l'hypothèse, conforme à la vulgate scientifique de l'époque, selon laquelle les Fañ seraient des Blancs venus de la région des Grands-lacs, voire du Haut nil. Toujours Du Chaillu à la même année affirma que "les fañ appartiennent, comme je le supposais à une famille qui diffère de la race nègre du littoral, aussi bien que les autres tribus que j'avais déjà vues". Voir p. 7 (même article). Aussi, faut-il le mentionner que les textes de plusieurs administrateurs européens, convertis en anthropologues amateurs, vinrent à la rescousse des fantasmes missionnaires en laïcisant la légende "hamitique" fañ. C'était une première tentation re-création et/ou d'interprétation de la culture et tradition du peuple fañ jugé très complexe.
De fait, il n'est nul doute mentionné l'anthropophagie comme trait caractéristique ou définitoire du peuple fañ dans sa constitution socioculturelle et/ou politique.

Ce qui est intéressant ici c'est précisément la manière dont les Etats-nations du continent se sont édifiés, entre autres, sur l'idée de domestication de "l'étranger" intime. Ce travail de redéfinition interne des identités liées au nouvel espace national fut partie impulsé par le colonisateur, voir p. 1. Donc, ce qui est aujourd'hui pris pour héritage colonial des identités ethniques dans nos pays africains, est le fruit des rapports quotidiens qui opposaient les Colons à leurs sujets colonisés. Ils avaient le droit d'imaginer n'importe quoi sur un peuple africain qui osait leur empêcher de s'installer et/ou d'exploiter des richesses à leur guise. Tel fut le cas des Fañ au Gabon.

En effet, le cas du Gabon et d'autres pays d'Afrique centrale répondait à une préoccupation des colonisateurs d'appréhender les Africains en termes de collectivité plutôt que d'individus, le groupe privilégié étant l'ethnie ou la race. Ainsi, le colonisateur chercha à connaître puis à contrôler des "peuples" ou "peuplades", et la nation coloniale fut imaginée à partir d'un tableau juxtaposant divers groupes ethniques sous la conduite des Blancs, p. 11. Les Mpongwé de la côte, par exemple, considérés comme d'habiles et solides auxiliaires des Colons se virent privilégier et élever comme ethnie évoluée au détriment des "Barbares" fañ, insoumis. C'est cela le modèle colonial français.

Ainsi, les tensions inhérentes au mythe fañ furent résolues dès que les colonisateurs comprirent l'impossibilité de domestiquer les Fañ et de les intégrer dans les cadres coloniaux. D'une part, le choix de l'administration directe interdit très vite de créer aux profit de ce peuple fondementalement fragmenté et décentralisé un système d'autorité indirecte. Mais surtout, malgré les a priori positifs détaillés plus haut, les Européens s'aperçurent dès les premières années du siècle que les Fañ résistaient à la colonisation, maintenant des stratégies de dérobade et de fuite, et inaugurèrent très tôt des initiatives politiques internes contraires aux visées de l'Etat colonial, voir p. 11. De facto, ils devinrent les "ennemis" des Blancs, des rebelles, dont il fallait diaboliser pour gagner la confiance des minorités pour enfin régner au Gabon en Maîtres Absolus.



Je déparle!
Akiba!!!
Akomo Zoghe.

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Z'adzo ne nsut ngoan mininga one moan satan?Ye ma bisi bisi !!!MENE MOAN ZAMBA
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