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 Alexandre DUMAS, un Ekang ?

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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 10:53




Trois photos d'Alexandre Dumas...
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EVIVI NGUEMA MBA



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 11:19

adzidzon a écrit:



Trois photos d'Alexandre Dumas...


ah Gnamore Doüma dans sa splendeur...
Bravo à cette grand-mère qui sut transmettre cette identité Ekang ...
Alexandre DUMAS qui nous a laissé de nombreux récits (pas de Mvët; mais qu'est-ce que le Mvët ?) que nous devons lire ou relire. Peut-être aurait-il déposé quelques éléments des récits de sa grand-mère paternelle.
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nsingbere



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 11:24

adzidzon a écrit:
Yves Mintsa a écrit:
En son temps, Patrick Nguema Ndong avait fait une etude compare des principes vaudou et ceux des Fang-Beti. Il y a plus de 20 ans deja, j'etais gamin quand j'ecoutais ca sur Africa#1.
Moadzang,
As-tu encore des réminiscences de ce qu'il disait? Cette comparaison peut être intéressante...

sunny sunny sunny
Excellentes pistes de recherches : les correspondances et similitudes dans les rites et rituels traditionnels, les mythologies, les survivances ou influences linguistiques dans le patois créole, les carnets de bord des navires négriers...S.E.M ZAMBO NGUELE Ancien Ambassadeur du Cameroun au Brésil avait effectué ces recherches. Les résultats sont intéressants.
sunny sunny

sunny sunny
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 11:48

NYO a écrit:
(...) Ceux qui parlent des esclaves Fang doivent d’abord nous montrer les preuves de ce qu’ils affirment.

Ce que tu dis est exact moadzang. Mais puisqu'il nous est difficile d'accéder à ces preuves, si elles existent (j'imagine que lorsque tu parles de preuves, tu veux parler de documents écrits, j'imagine, mais je peux me tromper), d'autres voies de reflexion peuvent nous guider et peut-être nous éclairer.
Il faut d'abord qu'on soit bien d'accord que ce n'est pas parce qu'il n'y pas encore de preuves, que cela n'existe pas, ou que cela n'est pas arrivé. L'absence de preuves, ne constitue pas toujours un critère de vérité. Je me souviens quand j'étais au Collège, on nous disait que le système solaire était composé de 9 planètes; c'était vrai, avant qu'on ne se rende compte que c'était faux... Je ne vais pas te reprendre ici les mésaventures de Galiléo, que tu dois certainement connaître. Bon, je ne sais pas s'il y a des mbom mvett outre-atlantique, mais l'étude des nouvelles langues (les langues créoles) qui naissent en Amérique et surtout l'étude des mots qu'elles contiennent peuvent nous permettre d'élever la reflexion et de voir si, au minumum, il y a des mots fang qu'on y retrouve.
Une chose est claire, c'est que certaines croyances se rejoignent. A une époque, je fréquentais des Antillais-Guyanais. Un soir alors qu'on passait une soirée chez une amie, un pote Guyanais se mit à siffler comme si de rien n'était. Je lui rappelais que chez moi, dans mon village, il est interdit de siffler la nuit. Il me dit : "Chez moi aussi". Interessé, il me demanda : "Pourquoi vous est-il interdit de siffler la nuit?". Je le lui expliqua : "C'est parce que c'est sensé attirer les mauvais esprits...". Il me dit encore : "Chez moi aussi...!"
Tu me diras moadzang, que cette similarité des croyances se retrouve peut-être (je n'en sais rien) chez tous les peuples noirs, peut-être chez les jaunes aussi (je n'en sais rien), ou chez les blancs aussi (je n'en sais toujours rien), mais, et revenons à la langue créole, il ne fait pas de doute que l'on retrouve dans le créole Antille-Guyane des mots, je vais dire des mots fang, et qui portent chez eux, c'est cela qui est plus surprenant, la même signification que chez nous. Est-ce le fait du hasard? En Haiti, le mot Makaya est utilisé couramment. Un peu de pub Very Happy , c'est d'ailleurs le nom d'un groupe de jazz d'un pote haitien... Makaya Jazz. Ce mot (Makaya) est aussi couramment utilisé dans la zone Congo-Gabon. C'est un mot et un nom punu. Sauf qu'il n'a pas toujours la même signification des deux côtés de l'Atlantique. Contrairement par exemple au mot fang minlang, qui possède la même prononciation et la même signification dans le créole guyanais que dans la langue fang. Est-ce un hasard?
NYO a écrit:
Et comment les maigrichons font ils pour aller attraper des «robustes et forts» dans la forêt ?
Lorsque des maigrichons possèdent la supériorité technologique, ils peuvent soumettre les robustes et forts. La force physique ne vaut pas grand chose face à un fusil mousqueton...
La question qui m'intéresse c'est celle-ci, et là je vais rejoindre ta préoccupation : les fang migraient en suivant l'endroit où le soleil se couche, c'est-à-dire l'Ouest, la côte,... S'ils avaient eu écho des atrocités qui y avaient lieu, ou s'ils avaient été en contact avec ces atrocités, auraient-ils continué leur chemin? Or ils ont continué, cela signifie-t-il qu'ils n'ont pas été en contact avec tout ça? Et si tout ça était arrivé alors qu'ils étaient déjà là? Car premier contact avec les blancs en 1840 dans la zone de l'Estuaire ne signifie pas forcément qu'ils sont arrivés là en 1840.
D'autre part, lorsqu'on parle de la côte, il ne s'agit pas du Gabon et de l'Estuaire. Il y a des fang sur la côte à Kribi au Cameroun, et aussi en Guinée Eq...
Personnellement, je vais reflechir.
Mbemba mos moadzang .


Dernière édition par adzidzon le Ven 12 Fév - 12:06, édité 5 fois
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nsingbere



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 11:53

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
adzidzon a écrit:



Trois photos d'Alexandre Dumas...


ah Gnamore Doüma dans sa splendeur...
Bravo à cette grand-mère qui sut transmettre cette identité Ekang ...
Alexandre DUMAS qui nous a laissé de nombreux récits (pas de Mvët; mais qu'est-ce que le Mvët ?) que nous devons lire ou relire. Peut-être aurait-il déposé quelques éléments des récits de sa grand-mère paternelle.

sunny sunny sunny

Par le sang
Par le verbe,
Tu es Nyamoro Duma
C'est ton nom
Tu es Nnyamoro DUMA
Fils de DUMA, de la tribu Yeminssem
Fils de Sem
Fils de BELANDA
Fils de Nnanga
Nala ane mbëng, e në fë zôsô.
sunny sunny
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 12:09

nsingbere a écrit:
S.E.M ZAMBO NGUELE Ancien Ambassadeur du Cameroun au Brésil avait effectué ces recherches. Les résultats sont intéressants.
Peux-tu nous en dire plus? Des références...
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nsingbere



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 12:18

sunny sunny sunny

Quelles références ?

sunny sunny
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 12:44

nsingbere a écrit:
sunny sunny sunny

Quelles références ?

sunny sunny
S'il a écrit des bouquins... leurs titres par exemple.
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 12 Fév - 12:58

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
j'indique un lien que j'avais déjà proposé sur une rubrique du forum
http://www.jstor.org/pss/217312

Akiba a moadzang pour ce lien...
Je voulais dire que Libreville est fondée en 1849 et selon ton lien la première rencontre dans la région de l'Estuaire entre blancs et fang a lieu en 1840. Cela rend plus probable que dans cette région, les fang aient connu la traite car si Libreville est fondée en 1849 pour les captifs qui se trouvaient sur l'Elizia, bateau négrier dans lequel ils avaient été enfermés et qui avait été arraisonné par la marine française, cela signifie que malgré l'abolition officielle, la traite se poursuivait encore illégalement en 1849. Soit 9 ans après la rencontre de 1840. Et des fang de cette région ont pu partir... C'est probable. Sans parler de ceux du Cameroun, de Guinée Eq. Avec tout ce que j'ai déjà dit plus haut, personnellement je le crois.
PS: il serait quand même intéressant de savoir comment des populations fang se sont retrouvées à Sao Tomé. La traite pourrait être une explication car avant les français et les hollandais, les portugais étaient en même temps les maîtres des îles de Sao Tomé et des côtes (dont la zone où fut érigée la ville de Libreville qui n'existait pas encore) qui deviendront plus tard gabonaises.
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NYO



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Lun 15 Fév - 1:10

Mone-dzang Adzidzon mbolo,

adzidzon a écrit:

...

Trois photos d'Alexandre Dumas...

Nous voyons la même photo ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Dumas_fils

Celui-ci est donc son fils, il s'appelle Alexandre Dumas Fils ... mais ceci est sans importance.

Voyons plutôt tes arguments en faveurs de la thèse de l'esclavage des Fang au moment de la traite des nègres.


adzidzon a écrit:
NYO a écrit:
(...) Ceux qui parlent des esclaves Fang doivent d’abord nous montrer les preuves de ce qu’ils affirment.

Ce que tu dis est exact moadzang. Mais puisqu'il nous est difficile d'accéder à ces preuves, si elles existent (j'imagine que lorsque tu parles de preuves, tu veux parler de documents écrits, j'imagine, mais je peux me tromper), d'autres voies de reflexion peuvent nous guider et peut-être nous éclairer.
Il faut d'abord qu'on soit bien d'accord que ce n'est pas parce qu'il n'y pas encore de preuves, que cela n'existe pas, ou que cela n'est pas arrivé. L'absence de preuves, ne constitue pas toujours un critère de vérité. Je me souviens quand j'étais au Collège, on nous disait que le système solaire était composé de 9 planètes; c'était vrai, avant qu'on ne se rende compte que c'était faux... Je ne vais pas te reprendre ici les mésaventures de Galiléo, que tu dois certainement connaître.

Quand différentes opinions s'affrontent, si aucune ne fournit des preuves pour soutenir ce qui est dit alors comment fait-on pour séparer le VRAI du FAUX?

La présence de preuves constitue toujours un critère de vérité.
C'est vrai en histoire, c'est vrai en science, c'est vrai en criminologie, c'est vrai en justice ... c'est vrai partout, c'est vrai tout le temps.

L'exemple de Pluton éjecté du groupe des planètes du système solaire (exemple que tu cites) le confirme. En effet les astronomes réunis à Prague en aout 2006 ont décidé à 70% des 2.500 participants que Pluton n'était pas une planète. Pourquoi?
Parce que pour être considéré comme une planète dans le modèle (scientifique) actuel, il faut que l'objet en question soit :

* En orbite autour d'une étoile, sans toutefois être une étoile ;
* Suffisamment massif pour que l'effet de sa propre gravité lui confère une enveloppe sphérique ;
* Dominant son environnement et ayant « dégagé le voisinage autour de son orbite »

LA PREUVE que Pluton rempli ces critères (de façon probante = preuve à l'appui) n'a pas été établie. Pluton a peut être sa place en tant que planète dans un autre modèle du système solaire mais pas dans le modèle scientifique dominant actuel.

La présence de preuves constitue toujours un critère de vérité.

L'absence de preuve stimule naturellement d'abord le doute, puis le rejet.

adzidzon a écrit:

Bon, je ne sais pas s'il y a des mbom mvett outre-atlantique, mais l'étude des nouvelles langues (les langues créoles) qui naissent en Amérique et surtout l'étude des mots qu'elles contiennent peuvent nous permettre d'élever la réflexion et de voir si, au minimum, il y a des mots fang qu'on y retrouve.

Des mots fang dans les créoles outre-atlantique?

Bien avant d'affirmer que ce sont des mots fang, il faudra s'assurer que ce ne sont pas des mots bantu, donc , des mots que les Fang ont en commun avec d'autres peuples bantu qui ont massivement subis la traite des nègres.

adzidzon a écrit:

Une chose est claire, c'est que certaines croyances se rejoignent.

En ce qui concerne les africains ce que tu dis es vrai, les écrits d'Anta Diop et d'Obenga et de bien d'autres le prouvent.

adzidzon a écrit:

... mais, et revenons à la langue créole, il ne fait pas de doute que l'on retrouve dans le créole Antille-Guyane des mots, je vais dire des mots fang, et qui portent chez eux, c'est cela qui est plus surprenant, la même signification que chez nous. Est-ce le fait du hasard? ... par exemple le mot fang minlang, qui possède la même prononciation et la même signification dans le créole guyanais que dans la langue fang. Est-ce un hasard?


Le mot fang minlang, qui possède la même prononciation et la même signification dans le créole guyanais que dans la langue fang. Est-ce un hasard?

Pour te répondre nous avons besoin d'informations complémentaires:

1- Au départ, tu parles de plusieurs mots fang qui seraient présents dans la langue créole guyanais mais tu n'en cite qu'un! Je demande à voir les autres.

2- le mot que tu cites, semble bien être un mot fang, mais as-tu vérifié s'il n'était pas présent dans le vocabulaire d'autres peuples bantu (même de façon déformée) ou dans celui d'autres peuples pahouinisé au moment de la conquête de l'ouest de l'Afrique centrale par les Fang?
Si ce sont ces peuples qui ont subi l'esclavage des nègres ... alors ta déduction (sous forme d'insinuation) sera fausse!

3- Dans quelle dictionnaire créole guyanais as-tu vérifié la présence et la définition de ce mot?

Je poserai les mêmes questions au sujets de tous les mots créoles (ressemblant au fang) que tu auras l'envi de nous faire analyser.


adzidzon a écrit:

NYO a écrit:
Et comment les maigrichons font ils pour aller attraper des «robustes et forts» dans la forêt ?
Lorsque des maigrichons possèdent la supériorité technologique, ils peuvent soumettre les robustes et forts. La force physique ne vaut pas grand chose face à un fusil mousqueton...

Tu as entièrement raison, je devais être fatigué quand j'ai pensé à écrire ça! Nos frères Benga et Pongouè (reconnus comme esclavagistes) ne sont d'ailleurs pas si maigrichons.

adzidzon a écrit:

La question qui m'intéresse c'est celle-ci, et là je vais rejoindre ta préoccupation : les fang migraient en suivant l'endroit où le soleil se couche, c'est-à-dire l'Ouest, la côte,... S'ils avaient eu écho des atrocités qui y avaient lieu, ou s'ils avaient été en contact avec ces atrocités, auraient-ils continué leur chemin? Or ils ont continué, cela signifie-t-il qu'ils n'ont pas été en contact avec tout ça? Et si tout ça était arrivé alors qu'ils étaient déjà là?

Et si tout ça était arrivé alors qu'ils étaient déjà là?

Non, tout ça n'est pas arrivé alors qu'ils étaient déjà là, car sur ce point tous les témoignages Pongouès, Benga européens en contact avec les ethnies côtières sont très clairs ... les Pahouins sont arrivés bien après ... les écrits de Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson, ... l'affirment et décrivent cette arrivée.

adzidzon a écrit:

Car premier contact avec les blancs en 1840 dans la zone de l'Estuaire ne signifie pas forcément qu'ils sont arrivés là en 1840.


Etant donnée que les occidentaux contrôlaient cette zone de l'Estuaire du Gabon directement ou bien indirectement (par l'intermédiaire des relais indigènes provenant des ethnies côtières), quand il est dit : premier contact avec les « blancs » (occidentaux) dans la zone de l'Estuaire en 1840 (dans la première moitié du 19ième siècle) cela signifie forcément qu'ils sont arrivés là en 1840 (dans la première moitié du 19ième siècle). Et ceux qui pensent que ce n'est pas vrai ? ... ils doivent d'abord nous montrer les preuves de ce qu'ils affirment.


adzidzon a écrit:

D'autre part, lorsqu'on parle de la côte, il ne s'agit pas du Gabon et de l'Estuaire. Il y a des fang sur la côte à Kribi au Cameroun, et aussi en Guinée Eq...


La présence de Fang à tel endroit et à telle date pendant l'esclavage des nègres n'implique pas que les Fang ont subi eux aussi la traite des nègres.

Notre grande et puissante nation possède actuellement un territoire immense partant du centre de l' Afrique jusqu'au littoral ouest africain, mais pourquoi veut-on nous faire croire sans preuve aucune, sur la base de rien, que les Fang du littorale (voir les Fang de l'intérieur) ont subi l'esclavage des nègres?

D'autres puissantes nations : les Yoruba, les Fon (Dahoméen) à ne pas confondre avec les Fang, les Kikongo, les Bambara et bien d'autres peuvent parler (preuve à l'appui: carnet de bord des navires négrier, conservation de leur réligion outre-atlantique, conservation des éléments de leur langue dans les langues créoles outre-atlantique ...) de la déportation des membres de leur peuple pendant la traite des nègres ... mais les Fang ne peuvent pas en faire autant, pourquoi?

Et si tout simplement les Fang n'avaient pas subi l'esclavage?

Le fait que les Fang soient présents sur le littorale au moment de l'esclavage des nègres n'implique pas qu'ils aient subi la traite des nègres.

Prenons l'exemple de la petite nation des Baga en Guinée Conakry, cette ethnie côtière a fermement combattu la mise en esclavage de ses membres!
Ils étaient sur la côte ... ils avaient en face d'eux le mousqueton, la soit disant supériorité technologique , mais la petite nation s'opposa et refusa de livrer ses membres aux esclavagistes! Et aujourd'hui la littérature historique nous enseigne que les Baga n'ont pas connu l'esclavage, ou plus exactement les Baga minimisèrent l'impact sur leur nation de la traite des nègres car il le combattirent ... ce qui revient au même .

Citation :

Les Jola de la Casamance, au sud du Sénégal actuel, n'avaient pas de chefs, et ne cherchaient nullement à acquérir des marchandises, à l'exception du bétail; ils refusèrent donc de traiter avec les Européens jusqu'à la fin du XVIIème siècle, et ne connurent pas de main-d'oeuvre servile avant le siècle dernier. Les Baga, encore plus au sud (dans la Guinée d'aujourd'hui) refusèrent quant à eux de prendre la moindre part à la traite, et ce tout au long de leur histoire. Comme d'ailleurs les Kru du Liberia, et d'autres peuples voisins, qui résistèrent avec un courage indomptable: une fois capturés, ils étaient Si décidés à tuer leurs nouveaux maîtres, ou à se suicider, que les Européens cessèrent de les asservir. Aux Amériques, un nombre très important d'esclaves qui s'enfuirent pour fonder des Communautés «marrons » étaient originaires de sociétés sans états.

Source: http://afriquepluriel.ruwenzori.net/esclavag4.htm

Et si à l'image des Baga, les Fang du littorale n'avaient pas subi l'esclavage?
Après tout, tous les observateurs présents sur le terrains s'accordent sur un point : les Fang de l'Estuaire (c'est une appellation générique ...) constituaient le fer de lance de ce qui était considéré par les Mpongouè, les Benga, les Européens et bien d'autres comme l'invasion Fang.
le fer lance de l'invasion Fang signifiait « les meilleurs de nos guerriers » !

On nous dit que les meilleurs de nos guerriers (ou leur famille) auraient été réduit en esclavage dans la province de l'Estuaire du Gabon. C'est tout à fait possible, mais je demande à voir les preuves que vous avez pour affirmer ce que vous dites.

Que dire des Fang de l'intérieur?

Ceux-ci bénéficient au moins d'une double protection

les guerriers Fang positionnés dans leurs villages le long du littorale. Ces Fang auraient observé passivement les marchands d'esclaves ramenant leur frères et soeurs de l'intérieur et ne s'y seraient pas opposés?

Le village Fang ... village fortifié, on entre d'un côté, on passe par le corps de garde ou bien on sort de l'autre côté et on repasse forcement par un corps de garde. En plus cela le village lui même est peuplé de guerriers avec leurs inséparables armes de guerre. Dans de telles conditions, le marchand d'esclaves est passé par où? Il est ressorti avec des esclaves? Il est ressorti par où?
Cela se serait passé comme cela dans quel village Fang?... soyons sérieux une minute!


adzidzon a écrit:



Akiba a moadzang pour ce lien...
Je voulais dire que Libreville est fondée en 1849 et selon ton lien la première rencontre dans la région de l'Estuaire entre blancs et fang a lieu en 1840. Cela rend plus probable que dans cette région, les fang aient connu la traite car si Libreville est fondée en 1849 pour les captifs qui se trouvaient sur l'Elizia, bateau négrier dans lequel ils avaient été enfermés et qui avait été arraisonné par la marine française, cela signifie que malgré l'abolition officielle, la traite se poursuivait encore illégalement en 1849. Soit 9 ans après la rencontre de 1840. Et des fang de cette région ont pu partir... C'est probable. Sans parler de ceux du Cameroun, de Guinée Eq. Avec tout ce que j'ai déjà dit plus haut, personnellement je le crois.

L'abolition de l'esclavage ne s'est pas concrétisé dans les faits par l'arrêt immédiat du trafic. Ce que tu dis est vrai. Et c'est tout à fait probable que les Fang aient été victimes de cet ignoble trafic, mais étant donné que nous n'avons aucune preuves nous permettant d'insister dans ce sens, il faut bien admettre qu'il est tout aussi probable que les Fang n'aient pas été victimes de cet ignoble trafic.

adzidzon a écrit:

PS: il serait quand même intéressant de savoir comment des populations fang se sont retrouvées à Sao Tomé. La traite pourrait être une explication car avant les français et les hollandais, les portugais étaient en même temps les maîtres des îles de Sao Tomé et des côtes (dont la zone où fut érigée la ville de Libreville qui n'existait pas encore) qui deviendront plus tard gabonaises.


je ne sais pas grand chose sur la communauté fang de Sao Tomé. Je doute tout de même qu'elle soit composée de descendants d'esclaves Fang. Pourquoi?

Parce que

1- les esclaves et leurs descendants portent habituellement le nom donné par leur maître (et ce n'est jamais un nom africain). Est-ce bien le cas de nos Fang de Sao Tomé? ... à vérifier.

2- les esclaves et leurs descendants parlent habituellement la langue de leur maître ou un créole qui en est issu. Ce n'est pas le cas de nos Fang de Sao Tomé, ils parlent une langue Fang.
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Les Fang de Sao Tomé pourraient être des descendants de travailleurs immigrés Fang qui se seraient durablement installés sur l'ile. Mais je ne sais pas grand chose de cette communauté ... il faut creuser.

Akiba

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EVIVI NGUEMA MBA



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Mer 17 Fév - 10:03

Bobedzang,
Il est tôt de conclure en évoquant les "preuves". Surtout lorsqu'il s'agit de l'esclavage dans cette région de l'Afrique.
La prudence ouverte recommande que nous envisagions l'hypothèse que les Fang aient subi la traite atlantique. Évidemment, il serait maladroit de vouloir en donner les raisons ou les justifications. La simple volonté de connaitre notre passé suffit largement à soutenir cette orientation. En fermant cette hypothèse, il nous sera difficile d'envisager notre histoire (vue sous l'angle gabonais et français) avant 1830. En recherchant notre présence dans la présence lors la traite européenne on pourrait déboucher sur d'autres élément en vue de constituer la toile de Pénélope ou les pièces manquantes au Puzzle.
L'hypothèse ouverte consiste simplement à reconnaitre trois choses:

1-Les premiers européens à s'introduire sur les côtes gabonaises sont les Portugais, puis les espagnoles. Les français arrivent 4 siècles bien plus tard. Il est tout à fait normale que la tâche nous paraissent herculéenne. Cela l'est, en raison d'une colonisation française nous conduit à penser que notre histoire se résume à leur présence.

2- La période elle-même comporte encore de nombreux tabous. Les archives sur cette traite sont encore fermées. En plus Libreville n'est pas Gorée, c'est dire qu'on ne la considère comme une plaque tournante du commerce négrier. Bien entendu, nos dirigeants eux-mêmes contribuent à effacer ou occulter cette les traces de cette histoire. Fort d'Aumale à Libreville est devenu Mission Ste Marie et port Môle. Le Palais du Bord de Mer est construit sur un site important de notre histoire coloniale. Tout ça pour dire simplement les recherches sur notre passé ne peuvent pas allés bien loin si nos dirigeants ne s'impliquent pas de manière conséquente en donnant les moyens nécessaires à cet effet. Pour avoir fréquenté la bibliothèque du département d'Histoire et d'archéologie, je peux affirmer qu'il n'existe aucun travail sur l'esclavage. De Cocobeach à Mayumba, les traces des portugais et des espagnoles existent pourtant à travers les noms des lieux. Quand nous aurons peut-être des travaux sérieux sur l'esclavage au Gabon en général, on pourra espérer trouver des informations sur les ethnies qui l'on subi.

3- Je rappellerais le célèbre proverbe africain en espérant ne pas le dénaturer: tant que les histoires de chasse seront rapportées par les chasseurs, ces derniers seront toujours des héros. Simplement pour dire que même quand nous aurons accès à ces archives, elles seront jamais dépouillées de la vision "civilisatrice" occidentale.

On sait que l'expresion "Meke me Nkoma" nous renseigne suffisamment sur l'hésitation qui était celle de Fang à aller sur la côte. Où se trouvaient-ils au départ ? Certains disent au niveau du Monts de Cristal. De quel côté (par Kango ou par Medouneu ?) ? De ce que je sais, tous les Fang de l'Estuaire ne sont pas des Meke-me-Nkoma. Il existait deux groupes. Le premier groupe se nomme "Betsi" ou "Beti"(ceux qui sont partis). Il constituait la pointe avancée de la marche. Ce groupe est qualifié comme le plus courageux serait allé vers la côte en passant par la Guinée équatoriale déboucha sur Medouneu, Cocobeach, la zone nord de Libreville (Ikoy Tsini ).
Le deuxième groupe dit Meke-me-Nkoma vint par Kango en passant par l'autre rive (pointe Denis) et déboucha sur les quartiers comme Lalala bien plus tard. Les Mek-me-Nkoma désignaient, à l'origine, les Fang qui venaient Chinchoua, Nzomo, Metek Mavie, Nfoulezem et qui traversèrent le Komo pour s'installer à Libreville.
Puis, le nom devint générique pour désigner les Fang de la province de l'Estuaire.

Je souligne au passage, que lors des fêtes tournantes du 17 août en 2007 la question fut débattue par les hommes politiques qui ne semblaient pas trouver un nom satisfaisant pour désigner les habitants de l'Estuaire. Certains proposaient "Estuviens", esturiens, d'autres parlaient d'estusiens. Certains proposaient même de rebaptiser la province. Bref, cette parenthèse donna lieu à une passe d'armes, pour le loin instructive sur l'histoire très récente des Fang de cette région, Mba Abessole et Eyeghe Ndong semblaient avoir une histoire différente. Je me suis bien éloigné du sujet...
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adzidzon
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Mer 17 Fév - 11:58

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
Bobedzang, Il est tôt de conclure en évoquant les "preuves". Surtout lorsqu'il s'agit de l'esclavage dans cette région de l'Afrique (...)
Mayebe wa a moadzang, mais la dissussion n'est pas close. Cherchons les preuves que moadzang Nyo réclame légitimement.
Ayant la chance d'avoir un enfant, un petit neveu, qui parle en même temps fang et créole guyanais, je lui ai confié la mission de me faire un inventaire des mots fang qui pourraient exister dans le créole guyanais. J'attends ses conclusions. Et sitôt que je les ai, je vous les communique.
Mais à part la langue, nous pouvons aussi puiser dans l'histoire (dans la connaissance historique) pour convaincre moadzang Nyo que les fang ont bel et bien connu l'esclavage. Même si notre amour propre en souffre, les fang ne sont pas des surhommes.
NYO a écrit:
Non, tout ça n'est pas arrivé alors qu'ils étaient déjà là, car sur ce point tous les témoignages Pongouès, Benga européens en contact avec les ethnies côtières sont très clairs ... les Pahouins sont arrivés bien après ... les écrits de Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson, ... l'affirment et décrivent cette arrivée.
Si tous les témoignages Mpongwé affirment que les fang n'étaient pas encore là, c'est qu'il y a un problème. Car selon Xavier Cadet dans sa Thèse intitulée Histoire des fang, peuple gabonais que vous retrouverez ici http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html , la première fois qu'un européen signala la présence des fang près de la colonie du Gabon, c'était en 1819. Et c'était un certain Bowdich, un voyageur anglais qui passa par la côte de l'actuel Libreville en 1818 et qui fut en contact avec les Mpongwé. Et ce sont ces derniers qui dès 1818 lui parlèrent d'un peuple qu'on appelle Paamouay. Les Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson sont donc loin!!! Ils viennent après. Ils ne peuvent décrire une arrivée qui s'est produite alors qu'ils n'étaient pas encore là! Soit. Je me permets de te donner quelques extraits de cette Thèse que tu retrouveras bien évidemment en cliquant sur le lien donné plus haut :
1er extrait :
En 1819 paraît la première description moderne du Gabon par Bowdich, un voyageur anglais, qui marque de manière pesante les descriptions qui suivront ( 28 ). En 1818, Bowdich fait un séjour de sept semaines dans l’estuaire du Gabon, sur un navire anglais qui vient y acheter du bois ( 29 ). Le temps de la transaction, il invite à bord des marchands “ gabonnais ”, c’est-à-dire mpongwe, pour obtenir des renseignements sur la géographie du Gabon. Les connaissances occidentales à cette époque, même augmentées des renseignements mpongwe sont très limitées.
2e extrait :
Les Mpongwe nomment les habitants de l’intérieur les “ Boulas ”, ce qui signifie hommes des bois. Bowdich distingue parmi eux les “ Shickans ” : les Seke, et plus loin les “ Djomays ”. A quatre jours de marche du confluent Komo-Bokoué en direction du Nord-Est on trouve le royaume de “ Kaylie ” ou “ Kalay ”, que l’on peut assimiler au “ pays ” Kele. A deux journées plus au nord est la ville d’“ Imbekie ”, puis les rivières “ Bisou ”, “ Aosa ” et “ Hétan ”. Viennent ensuite à un mois de marche les royaumes de “ Badayhie ” et d’ “ Oungoumo ”. De là, à six jours toujours vers le nord se trouve le “ Paamouay ” où coule la rivière “ Ouola ” ou “ Ouolé ”, “ la plus grande rivière du monde ” d’où coulent toutes les rivières du pays, dont peut-être la Mondah, le Komo et l’Ogooué ( 31 ). D’après Bowdich, les Seke servent d’intermédiaires aux Mpongwe dans le commerce avec les Kele. Ceux-ci échangent leurs objets en fer et leurs pagnes tissés contre du cuivre, des tissus de coton et des marchandises européennes, ce qui atteste de la pénétration avancée du commerce. Mais par crainte de voir leur monopole brisé, les Mpongwe, dans un processus qu’ils répéteront plus tard avec les Fang, interdisent aux Seke d’approcher les côtes.
3e extrait :
L’intérêt de “ l’esquisse ” de Bowdich réside dans le fait qu’elle révèle dès 1819 l’existence des Fang, connus alors sous le nom de “ Paamouay ” (qui se lit Pamoué, correspondant à “ Pamue ”, l’appellation hispanisante des Fang). S’il est impossible de situer géographiquement leur pays, il faut relever l’association de leur “ royaume ” avec la rivière “ Ouolé ” car Bowdich ajoute plus loin qu’ils sont moins cannibales que les autres peuples de l’intérieur “ parce qu’ils élèvent une race de gros chiens dont ils se nourrissent, ce qui semble un mets recherché dans plusieurs parties de l’Afrique ”, ce qui a fait naître maintes conjectures dont le débat viendra plus tard ( 32 ). Il est peu probable que les Fang soient connus directement des Mpongwe car, le cas échéant, ils commerceraient avec eux et en auraient informé Bowdich. Or, il n’en est rien. En 1818, les relations de commerce des Mpongwe s’arrêtent donc aux Kele. Partageant les deux rives de l’estuaire entre une quinzaine de villages que les Occidentaux appellent pompeusement royaumes, les Mpongwe règnent en maître sur la région et entretiennent, vers le sud, des relations claniques et commerciales avec les Rungu, les Jumba et Galwa de la région des lacs de l’Ogooué.

C'est en 1842 que Wilson sera en contact avec des fang.

Voir extrait suivant de la Thèse de Xavier Cadet :

La première description des Fang vient de l’américain Wilson, de la mission de Baraka. En août 1842 ( 82 ), il accompagne Toko, un riche commerçant mpongwe du village de Glass qui part en pirogue régler un palabre chez Passoll. Le 20 août, il arrive au village du chef Cobangoï. Pendant son court séjour, Wilson croise des Fang, “ connus sous le nom de Pangwe ” ( 83 ), venus écouler leurs marchandises. Ils affirment venir de cinq, dix, voire douze jours de marche, ne s’être jamais aventurés plus loin vers la côte et habiter des montagnes saines. Alertés de la présence d’un Blanc, ils sont venus à sa rencontre. L’impression qu’ils laissent à Wilson est ambiguë : ils sont sauvages, ne se vêtent que de pagnes d’écorce et cependant ils sont d’une allure supérieure. Wilson écrit : “ Je n’hésiterais pas à dire qu’ils sont les plus beaux Africains que j’ai jamais rencontrés ” ( 84 ). Au comble pour l’américain qui n’en oublie pas sa mission évangélisatrice, ils sont vierges de tous les vices que la côte propage : tabac, alcool, maladies, malhonnêteté, esclavage, etc. , virginité garantie, selon lui, par leur éloignement. Il croit savoir que les hommes rencontrés chez Cobangoï habitent la frange du grand pays fang qui s’étend à partir de cent cinquante miles de la côte sur des milliers de miles au sud des Montagnes de la Lune ( 85 ). A son retour, Wilson ramène à Baraka deux Fang qui découvrent ainsi les rives du Gabon.
Deux ans après, les Fang se sont rapprochés des villages seke et de la côte. Les premiers villages sont implantés à moins d’un jour de marche de Cobangoï. Au cours de son exploration de 1844, Darricau constate que les Fang s’aventurent assez loin dans l’Estuaire. Ils sont maintenant en relation avec Passoll. Mais il ne remarque toujours aucun village fang sur les rives du Komo. Les renseignements dont il dispose restent vagues : leurs villages commenceraient à 5 ou 6 lieues de Cobangoï, ils seraient nombreux et sauvages, leurs mœurs et industries ne sont pas connues. Mais, ils sont maintenant intéressés par les armes à feu et l’alcool et surtout, pour la première fois apparaît la suspicion d’anthropophagie ( 86 ).
En août et septembre 1846, Pigeard, qui a lui-même rédigé la carte hydrographique de l’estuaire sur la base des travaux de Darricau, tente de remonter le Komo, avec l’aide de deux guides seke. Mais la monotonie des rives couvertes de palétuviers le trompent ( 87 ). Il pénètre en fait dans le Bokoué où il mouille près de Cobangoï le 2 septembre. Le lendemain, après avoir reçu la visite de chefs kele à son bord, il visite le village kele de Noumbé, où il rencontre à son tour plusieurs Fang qui viennent y vendre de l’ivoire. Il continue à remonter la rivière mais les bancs et l’étroitesse du lit l’obligent à poursuivre en canot. Il visite encore deux villages kele et parvient enfin au village kele de Gango où la nuit tombée et le chef Diam’Gani le dissuadent d’explorer l’amont, expliquant que les Fang y sont en guerre avec lui. Pigeard renonce à son entreprise alors qu’il n’est qu’à une heure de bateau des premiers villages fang.
De sa mission, il retient l’importance que joue le commerce dans la lente bousculade qui agite l’intérieur du pays. Autrefois chasseurs, les Seke se sont convertis en courtiers et achètent désormais l’ivoire aux Kele, qui à leur tour, délaissent la chasse pour devenir courtiers et acheter aux Fang. L’activité de courtage gagne donc l’intérieur, en même temps qu’elle presse vers les rivières les nouveaux intermédiaires tentés d’échanger directement aux Mpongwe pour augmenter leur bénéfice : les Seke pressent donc les Mpongwe de partager le courtage vers les Blancs. Les Kele s’infiltrent dans les espaces libres, poussés eux-mêmes par les Fang qui viennent en dernier ( 88 ).
Jusqu’à présent, les rencontres avec les Fang ne se faisaient qu’en territoire tiers, seke ou kele. La première visite d’un Blanc dans un village fang est celle de Walker, pasteur de la mission américaine de Baraka. Le 31 août 1848, en remontant le Komo, après avoir passé dix villages kele, quinze milles au-dessus du confluent avec le Bokoué, il trouve installé sur le bord de la rivière le village fang du nom de Mkwenga. Le village est construit depuis deux ans et compte environ cinquante maisons pour trois à quatre cents habitants. La plupart des villageois n’ont jamais vu de Blanc. Le jour suivant, il remonte le Bokoué sur quinze milles, laisse douze villages kele et visite un deuxième village fang : Dumijai, dont le chef s’appelle Baduka. Les habitants et les cases sont moins nombreux. Il remonte encore sur trois milles le Bokoué pour arriver à Bisbâk, troisième village fang. Il y note que les villageois ne sont intéressés ni par l’argent ni par aucune marchandise sauf des perles blanches et des ustensiles de cuivre qu’ils refondent en ornements et surtout qu’ils restent vierges des effets de la “ civilisation ” ( 91 ).
Les Fang s’installent donc à présent sur le bord des rivières du Komo et du Bokoué. Mais à cette époque, ce ne seraient que quelques villages déplacés de l’intérieur vers les rivières. Selon Walker, le pays fang reste entre cinq et neuf jours de marche de l’Estuaire, au-delà d’une large étendue sauvage et inhabitée qui les sépare des villages kele, dans une région montagneuse, qui semble être les Monts de Cristal qu’il aperçoit au loin. Ce ne sont donc pas les Blancs qui viennent visiter les Fang, mais c’est plutôt l’inverse. Leur pays demeure inconnu.
La comparaison que les Blancs font avec les Mpongwe, les Seke et les Kele éveille une curiosité grandissante pour ces Fang que l’on croit sortir du cœur de l’Afrique. Ils sont décrits beaux, intelligents, farouches, guerriers, vigoureux, industrieux, habiles forgerons, honnêtes, etc., mais en réalité on ignore toujours qui ils sont vraiment, d’où ils viennent et surtout combien ils sont. Quand Darricau écrit en 1844 qu’ils sont les plus nombreux en rajoutant “ au dire de tous ” ( 92 ), il omet de préciser qu’il considère dans cette appréciation la seule population de la région du Haut-Komo. Le sujet devient plus sensible entre 1844 et 1848, quand apparaissent les premiers villages sur le bord de rivières de l’Estuaire, dont le but clairement avoué est le commerce avec la côte : “ ils ont appris que moins d’un dixième de leurs biens provenant du commerce de l’ivoire à la côte leur revenait ; et ils sont décidés à commercer directement avec les Mpongwé ” ( 93 ). L’importance du mouvement reste toutefois insondable car les explorations étant fluviales, elles ne peuvent renseigner sur les éventuels villages qui s’installent à proximité des voies terrestres du commerce.

NYO a écrit:
Et si tout simplement les Fang n'avaient pas subi l'esclavage?
Le fait que les Fang soient présents sur le littorale au moment de l'esclavage des nègres n'implique pas qu'ils aient subi la traite des nègres.
C'est là l'objet de notre débat. Selon Xavier Cadet dans la même Thèse, non seulement les fang connaissaient l'esclavage, ils en avaient peur, à cause des rapts dont ils pouvaient être victimes, mais en même temps, certains y ont participé, tout comme d'autres ont été réduits en esclavage et envoyés outre-atlantique. Il admet tout de même qu'il n'y a pas eu chez eux une pratique de masse. Mais ils ont bel et bien connu, pratiqué et subi l'esclavage. Je te donne les extraits correspondants, mais tu pourras les retrouver dans cette Thèse :
1er extrait :
Les rencontres avec les Fang se font plus fréquentes. Mais ils sont encore farouches et restent distants par crainte de tomber aux mains des négriers. Ils en ignorent d’autant moins l’existence qu’ils participent eux-mêmes au trafic d’esclaves en vendant des prisonniers ou des fauteurs de troubles ( 115 ). Ils craignent aussi les Blancs à cause de la rumeur que colportent les populations côtières qui font croire que les Blancs capturent les Noirs pour les manger et que le vin n’est autre que le sang des captifs ( 116 ). Pour les rassurer sur leurs intentions pacifiques, les Français pratiquent une politique de cadeaux, éprouvée auprès des Mpongwe, en donnant lors de visites aux villages du tabac, des perles, etc., en échange de leur promesse de venir au comptoir ( 117 ).
2e extrait :
Cependant, les bâtiments négriers préfèrent commercer avec le sud et ne tentent que des coups isolés dans la région du Gabon où la répression française, même faible, s’exerce avec quelques succès : parmi les affaires les plus marquantes, celle de Fontan, un trafiquant espagnol, arrêté en 1851 au village de Glass alors qu’il embarque à destination de Sangatanga des esclaves, dont cinq sont d’origine fang.
3e extrait :
En réalité, le mouvement vers le comptoir et l’attrait pour les marchandises européennes, véritable motivation qui lance les Fang sur les rives de l’Estuaire, sont freinés par deux puissants facteurs. Hormis ceux déjà installés, ils restent d’une infinie méfiance à l’égard des Blancs. Ils redoutent les trafiquants d’esclaves. En effet, ils continuent d’être victimes de rapts. Ainsi leur crainte des Benga, qu’ils savent négriers, leur interdit de s’aventurer au nord de la région, sur les rives de la Mondah. En second lieu, les liens claniques très forts, sans atteindre l’unité politique des Mpongwe, les dissuadent de se couper définitivement et totalement de leur famille et de s’aventurer en terre étrangère sans se garantir l’assurance d’un soutien militaire, économique, alimentaire moral ou “ religieux ”.
NYO a écrit:
Les Fang de Sao Tomé pourraient être des descendants de travailleurs immigrés Fang qui se seraient durablement installés sur l'ile. Mais je ne sais pas grand chose de cette communauté ... il faut creuser.
Moadzang, permets-moi d'en douter. Pour qu'une terre ou un pays soit une terre d'immigration, il faut qu'il y ait un attrait, au niveau économique notamment, mais pas seulement. J'espère qu'il aura un fort développement un jour mais toujours est-il qu'à l'heure actuelle, Sao Tomé et Principe est considéré comme faisant parti des pays les plus pauvres de la terre. Quelle immigration de peuplement, fang notamment, a-t-il pu attirer? Je peux me tromper toutefois.


Dernière édition par adzidzon le Sam 20 Fév - 15:40, édité 1 fois
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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Mer 17 Fév - 18:23

Eyele Kos a sae abui

farao
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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Mer 17 Fév - 19:21

NYO a écrit:

Evindi Mot a écrit:

 
Aux Etats-Unis des études sur l'ADN de nos frères et soeurs USAfricains qui recherchent leurs origines ont donné des résultats concluants avec les populations Ekang aussi.
 
 
Mone-dzang Evindi Mot donnes nous plus d'informations sur ces études.
 
Evindi Mot a écrit:

 
les Ekang ont donc aussi été déportés aux USA pendant "Maafa".
 

A mon humble avis c'est ce qu'il reste à démontrer (Où ? Quand ? Par qui ? Si possible Combien?).

Akiba

[NYO]

mbolo modjang. la African Ancestry Company est un célèbre laboratoire (il y en a d'autres) dont la spécialité est le traçage des parentés africaines des USAfricains sur la base de l'étude comparée des ADN d'Africains restés sur le continent pendant l'esclavage.

il y a une décennie au moins, des équipes de scientifiques, généticiens USAfricains avaient sillonné le continent récoltant des échantillons d'ADN afin d'en constituer un banque de données. une de ces équipes avait d'ailleurs été reçue à l'époque par le chef de l'Etat Kamelonais. les enjeux de la démarche des frères avait échappé à beaucoup par manque de communication suffisante de la part des medias.

aux USA la population africaine victime de l'esclavage et citoyenne du pays a la possibilité par le biais de la science (biologie moléculaire, étude de l'ADN) de retrouver les parentés avec l'Afrique.

sur cette base tu as pu entendre de tel ou tel grand nom de la communauté Africaine Américaine est de tel ou tel pays d'Afrique. Quincy Jones, Isiah Washington, Spike Lee, Vanessa Williams (New Jack City), Oprah Winfrey, Denzel Washington, Chris Tucker, India.Arie et bien d'autres ont annoncé leurs parentés africaines du côté paternel et du côté maternel. bien des fois ces "celebrities" ont fait le voyage vers le village. des milliers de frères et de soeurs font ainsi cette démarche et obtiennent des résultats. en cherchant sur google tu trouveras des forums où les uns et les autres discutent du sujet, partagent leurs réactions, émotions, etc.

tu verras donc qu'il y a des Ekang. je me souviens d'un Ekang-Americain qui s'est rendu à Y'dé après la réception des résultats de l'étude de son ADN. il racontait son expérience et... l'une des choses qu'on lui a dites à Y'dé concernait justement l'esclavage et le rôle d'intermédiaires que certains auraient joué à un moment donné.

lorsque ces recherches seront effectuées dans toutes les terres de la captivité nous auront davantage de résultats. Eyele Kos a mentionné une recherche sur les noms. des recherches devront être menées sur les rythmes, les musiques, les cultes. les Africains du monde entier pourront ainsi se retrouver. des connections ont déjà été établies avec le royaume Kongo et le royaume du Bénin dans les cultes Afro-brésiliens. la langue Fon (Benin) est encore très présente de les cultes afro-haïtiens. la musique mandingue est présente dans le Blues.

mais il y a davantage de connections que cela qu'il faudra mettre en lumière afin de reconstituer les membres éparpillés de Ousir (Osiris). en cherchant on trouvera forcément.

donc modjang tu peux effectuer des recherches par toi-même. sur google : "African Ancestry Company"; ou "DNA and african lineage" par exemple...

l'enjeu est de souffler, souffler jusqu'à ce que le charbon redevienne braise ardente



-_-) >)))))))))))) -_-) -_-) -_-) -_-)

(-_-) (-_-) (-_-) (-_-) (-_-) (-_-) (-_-) (-_-) (-_-)

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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Sam 20 Fév - 11:45

adzidzon a écrit:
(...) Fontan, un trafiquant espagnol, arrêté en 1851 au village de Glass alors qu’il embarque à destination de Sangatanga des esclaves, dont cinq sont d’origine fang
Juste ajouter à l'endroit de moadzang Nyo que Sangatanga n'était pas une destination touristique, mais, selon Elikia M'bokolo in Cahiers d'études africaines, Le Gabon précolonial : étude sociale et économique, Année 1977, Volume 17, Numéro 66-67, p. 343, l'un des centres les plus actifs de la traite. Je cite Elikia M'bokolo :
"C'est aussi dans la même période que se situa l'apogée des deux royaumes - à la fin du XVIIIe siècle et, plus encore, dans la première moitié du XIXe siècle - ; ce furent au Cap Lopez, les règnes de Renwombi-Mpolo (v. 1790- v. 1810) et surtout de Rogombé-Mpolo, son fils : ce dernier est connu pour ses guerres - sous le nom de Pass-all - et pour avoir fait de sa nouvelle capitale Sangatanga (Oseng'atanga " le rendez-vous des Blancs") l'un des centres les plus actifs de la traite négrière sur cette partie de la côte (1810-1850)".

PS : le centre de la traite en question se trouvait sur la côte entre les actuels Libreville et Port-Gentil. De là, les potentiels acheteurs qui avaient leurs habitudes et leurs contacts venaient acheter, avant d'embarquer leur marchandise et de filer tout droit vers les Amériques où la cargaison était débarquée et envoyée dans les plantations ... C'est l'itinéraire qui attendait nos cinq fang qui, selon Xavier Cadet, ont été sortis en 1851 à Glass du bateau du négrier espagnol Fontan.
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EVIVI NGUEMA MBA



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Sam 20 Fév - 16:49

adzidzon a écrit:
adzidzon a écrit:
(...) Fontan, un trafiquant espagnol, arrêté en 1851 au village de Glass alors qu’il embarque à destination de Sangatanga des esclaves, dont cinq sont d’origine fang
Juste ajouter à l'endroit de moadzang Nyo que Sangatanga n'était pas une destination touristique, mais, selon Elikia M'bokolo in Cahiers d'études africaines, Le Gabon précolonial : étude sociale et économique, Année 1977, Volume 17, Numéro 66-67, p. 343, l'un des centres les plus actifs de la traite. Je cite Elikia M'bokolo :
"C'est aussi dans la même période que se situa l'apogée des deux royaumes - à la fin du XVIIIe siècle et, plus encore, dans la première moitié du XIXe siècle - ; ce furent au Cap Lopez, les règnes de Renwombi-Mpolo (v. 1790- v. 1810) et surtout de Rogombé-Mpolo, son fils : ce dernier est connu pour ses guerres - sous le nom de Pass-all - et pour avoir fait de sa nouvelle capitale Sangatanga (Oseng'atanga " le rendez-vous des Blancs") l'un des centres les plus actifs de la traite négrière sur cette partie de la côte (1810-1850)".

PS : le centre de la traite en question se trouvait sur la côte entre les actuels Libreville et Port-Gentil. De là, les potentiels acheteurs qui avaient leurs habitudes et leurs contacts venaient acheter, avant d'embarquer leur marchandise et de filer tout droit vers les Amériques où la cargaison était débarquée et envoyée dans les plantations ... C'est l'itinéraire qui attendait nos cinq fang qui, selon Xavier Cadet, ont été sortis en 1851 à Glass du bateau du négrier espagnol Fontan.


http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cea_0008-0055_1977_num_17_66_2457?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 12:55

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/cea_0008-0055_1977_num_17_66_2457?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false

Akiba a Nguema Mba Evivi, celui qui dort quand tout le monde est éveillé!!!!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 13:35

Mbolo ani,

adzidzon a écrit:


EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
Bobedzang, Il est tôt de conclure en évoquant les "preuves". Surtout lorsqu'il s'agit de l'esclavage dans cette région de l'Afrique (...)
Mayebe wa a moadzang, mais la dissussion n'est pas close. Cherchons les preuves que moadzang Nyo réclame légitimement.
Ayant la chance d'avoir un enfant, un petit neveu, qui parle en même temps fang et créole guyanais, je lui ai confié la mission de me faire un inventaire des mots fang qui pourraient exister dans le créole guyanais. J'attends ses conclusions. Et sitôt que je les ai, je vous les communique.

Des preuves ... nous voulons des preuves.

Nous attendons le lexique des mots fang présents dans le créole guyanais que tu t'engages à nous fournir.

1 - Nous comparerons chaque mot de ce lexique avec son équivalent présent dans un authentique dictionnaire du créole guyanais pour nous assurer de son sens.
2 – Pour chacun des mots nous analyserons la possibilité que se soit un mot bantu, c'est à dire un mot que les Fang ont en comun avec d'autres peuples bantu qui ont subi massivement l'esclavage des Nègres, ce qui justifierait pleinement la présence de ce mot dans le créole guyanais.


adzidzon a écrit:

Mais à part la langue, nous pouvons aussi puiser dans l'histoire (dans la connaissance historique) pour convaincre moadzang Nyo que les fang ont bel et bien connu l'esclavage. Même si notre amour propre en souffre, les fang ne sont pas des surhommes.
NYO a écrit:
Non, tout ça n'est pas arrivé alors qu'ils étaient déjà là, car sur ce point tous les témoignages Pongouès, Benga européens en contact avec les ethnies côtières sont très clairs ... les Pahouins sont arrivés bien après ... les écrits de Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson, ... l'affirment et décrivent cette arrivée.
Si tous les témoignages Mpongwé affirment que les fang n'étaient pas encore là, c'est qu'il y a un problème. Car selon Xavier Cadet dans sa Thèse intitulée Histoire des fang, peuple gabonais que vous retrouverez ici http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html , la première fois qu'un européen signala la présence des fang près de la colonie du Gabon, c'était en 1819. Et c'était un certain Bowdich, un voyageur anglais qui passa par la côte de l'actuel Libreville en 1818 et qui fut en contact avec les Mpongwé. Et ce sont ces derniers qui dès 1818 lui parlèrent d'un peuple qu'on appelle Paamouay. Les Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson sont donc loin!!! Ils viennent après. Ils ne peuvent décrire une arrivée qui s'est produite alors qu'ils n'étaient pas encore là! Soit.

Oui, mon frère il y a un problème, mais je pense qu'il se trouve dans l'interprétation que tu fais des extraits de la thèse de Xavier Cadet citée abondamment par toi. En effet, au sujet de la date d'arrivée des Fang au Gabon Xavier Cadet répond : les Fang sont arrivés au Gabon entre 1848 et 1863.

http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html

Arrivée des Fang au Gabon : 1848 - 1863

C'est le titre du chapitre qui répond à la question: quand les Fang sont-ils arrivés au Gabon?
Ce que dit Xavier Cadet sur la date d'arrivée des Fang du Gabon est très proche des affirmations de Wilson et du Marquis de Compiegne ...

Es-tu d'accord avec Cadet, Wilson et le Marquis de Compiegne au sujet de la date d'arrivée des Fang au Gabon?

Xavier Cadet a écrit:


2e extrait :
D’après Bowdich, les Seke servent d’intermédiaires aux Mpongwe dans le commerce avec les Kele. Ceux-ci échangent leurs objets en fer et leurs pagnes tissés contre du cuivre, des tissus de coton et des marchandises européennes, ce qui atteste de la pénétration avancée du commerce. Mais par crainte de voir leur monopole brisé, les Mpongwe, dans un processus qu’ils répéteront plus tard avec les Fang, interdisent aux Seke d’approcher les côtes.

3e extraits :
L’intérêt de “ l’esquisse ” de Bowdich réside dans le fait qu’elle révèle dès 1819 l’existence des Fang, connus alors sous le nom de “ Paamouay ” (qui se lit Pamoué, correspondant à “ Pamue ”, l’appellation hispanisante des Fang). S’il est impossible de situer géographiquement leur pays, il faut relever l’association de leur “ royaume ” avec la rivière “ Ouolé ”

Gunther Tessmann a écrit:


Le nom des Pahouins apparaît pour la première fois en 1819, chez T.E. Bowdich dans l'appendice à A Mission from Cape Coast Castle to Ashantee (Une mission depuis le Cap jusqu'au pays ashanti, Londres), mais l'auteur ne les connait que par oui-dire.
Le premier Blanc qui les ait réellement vus est Paul B. Du Chaillu, voyageur et aventurier de réputation douteuse. En 1861, dans son ouvrage Explorations and Adventures in Equatorial Africa (Londres), il nous donne la première description « scientifique » des Pahouins, qu'il a découverts sur l'actuel territoire espagnol, à quelques journées de voyage de la côte.

Source: Fang, Ph. Laburthe-Tolra, Ch. Falgayrettes Leveau, les Pahouins (extraits) G. Tessmann, page 169

Lorsque Xavier Cadet affirme « Mais par crainte de voir leur monopole brisé, les Mpongwe, dans un processus qu’ils répéteront plus tard avec les Fang, interdisent aux Seke d’approcher les côtes. »
Nous devons en conclure que les Fang ne sont pas présents sur les côtes gabonaises avant la période de leur arrivée (1848-1863).

Les Fang sont connus en 1819, Xavier Cadet est, il me semble, d'accord avec Gunther Tessmann sur ce point. Il est peut être impossible de localiser précisement le pays Fang en 1819, mais Gunther Tessmann nous précisent bien qu'ils ne sont pas sur la côte en 1861 mais bel et bien à quelques journées de voyage de la côte. Cette affirmation a une grande importance.

Les Fang ne sont pas sur la côte, globalement, avant 1es années 1840 .., n'est-ce pas?
Les Fang sont arrivés bien après, oui ou non?

Nous avons la date d'arrivée des Fang sur la côte (le lieu de la traite des Nègres), cette date peut-elle nous permettre de connaître l'implication des Fang dans la traite des nègres?
La réponse est oui.


Citation :

... Ce ne sont donc pas les Blancs qui viennent visiter les Fang, mais c’est plutôt l’inverse. Leur pays demeure inconnu.
... Le sujet devient plus sensible entre 1844 et 1848, quand apparaissent les premiers villages sur le bord de rivières de l’Estuaire, dont le but clairement avoué est le commerce avec la côte : “ ils ont appris que moins d’un dixième de leurs biens provenant du commerce de l’ivoire à la côte leur revenait ; et ils sont décidés à commercer directement avec les Mpongwé ” ( 93 ).
Source : http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html

Citation :

La traite atlantique, la plus connue et la plus intense, fut un commerce d'Africains au profit d'autres Africains, d'un côté, et d'Européens (Espagnols, Portugais, puis Anglais, Français, Néerlandais, Danois et ensuite Brésiliens et Cubains), de l'autre.
Elle débuta en 1441 par la déportation de captifs africains vers la Péninsule ibérique. Cette destination dura plusieurs décennies[10]. Ensuite les Portugais convoyaient les esclaves vers les Caraïbes et l'Amérique du Sud. Progressivement, les Hollandais, les Anglais puis les Français organisèrent leur propre traite.

...

La révolution Française abolit l'esclavage en 1794. Mais le premier consul Bonaparte le rétablit en 1802. Il l’abolira de nouveau en 1815, décision non prise en compte par Louis XVIII.
Le Royaume-Uni abolit la traite des noirs en 1807. L’esclavage ne le sera qu’en 1833.
Les États-Unis abolissent la traite en 1808[21]. Une ordonnance de Louis XVIII abolit la traite négrière en 1817. Désormais elle devient illégale, mais reste clandestine.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Citation :

1815 : Décision d'abolition de la traite par les puissances européennes au congrès de Vienne.
Source: http://www.mulhouseum.uha.fr/site/ressources_document.php?docId=989826839&pa=2&op=7/0/0/0/0/0/0/0/1/0/0/

Citation :

Entre 1815 et 1833, on recense 353 bateaux de traite dans le port de Nantes
...
La traite négrière disparaît grace à des accords entre la France et le Royaume-Uni : le droit de visite. Les marines royales croisent sur les côtes occidentales africaines. Leur mission est de visiter les lieux de la traite et même les navires marchands, afin de s'assurer que ceux-ci ne transportent pas d'esclaves. Cette croisière dite de répression s'avère très efficace. On dénombre après 1835 20 navires français à s'être livrés à la traite.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Citation :

1827- Les Britanniques occupent l'île de Bioko entre 1827 et 1832 pour lutter contre le trafic d'esclaves. Il fondent Port Clarence - que les Espagnols appellent par la suite Santa Isabel, et qui est aujourd'hui Malabo, capitale de la Guinée équatoriale.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Guin%C3%A9e_%C3%A9quatoriale

Citation :

1831 : accord franco-britannique pour le contrôle de la traite illicite.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'esclavage

Citation :

1845- Le 13 septembre 1845, une ordonnance de la reine d'Espagne Isabelle II autorise les Noirs et les mulâtres de Cuba qui le désirent à venir s'installer en Guinée équatoriale.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Guin%C3%A9e_%C3%A9quatoriale


Sur le territoire espagnol, les Fang sont encore loin des côtes en 1861 (voir la citation de Gunther Tessmann ci-dessus). Sur le territoire français, les Fang arrivent au Gabon vers 1840.
Ces deux dates (1840 -1861) nous permettent d'affirmer que les Fang sont arrivés sur la côte bien après l'abolition de la traite des Nègres par les états négrier et à un moment ou ces états combattaient activement ce traffic.
Ceci implique : de 1441 jusqu'à 1840 (quatre siècles), les Fang n'ont pas participé à la traite de Nègres, la traite Atlantique, la traite officielle, ni en tant que marchands d'esclaves ni en tant que victimes de la traite des Nègres officielle...

C'est la première vérité. Ceux qui disent le contraire n'ont aucune preuve de ce qu'ils disent.

adzidzon a écrit:

Selon Xavier Cadet dans la même Thèse, non seulement les fang connaissaient l'esclavage, ils en avaient peur, à cause des rapts dont ils pouvaient être victimes, mais en même temps, certains y ont participé, tout comme d'autres ont été réduits en esclavage et envoyés outre-atlantique. Il admet tout de même qu'il n'y a pas eu chez eux une pratique de masse. Mais ils ont bel et bien connu, pratiqué et subi l'esclavage. Je te donne les extraits correspondants, mais tu pourras les retrouver dans cette

Ce que nous savons aussi c'est que:

Citation :

Le Brésil abolit officiellement la traite en 1850[22], alors que le dernier navire négrier arrive à Cuba en 1867[23].
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Si les Fang ont participé à la traite des Nègres ce seraient forcément entre 1840 (date de l'arrivée des Fang au Gabon) et 1867 (date d'arrivée du dernier navire négrier à Cuba. Je poursuis l'analyses de toutes les preuves (il y en a peu) fournies par Xavier Cadet.

Les Fang sont-ils impliqués dans la traite des Nègres entre 1840 et 1867 (27 ans au grand maximum)?

Je te répondrai sur ce point un peu plus tard.

adzidzon a écrit:

NYO a écrit:
Les Fang de Sao Tomé pourraient être des descendants de travailleurs immigrés Fang qui se seraient durablement installés sur l'ile. Mais je ne sais pas grand chose de cette communauté ... il faut creuser.
Moadzang, permets-moi d'en douter. Pour qu'une terre ou un pays soit une terre d'immigration, il faut qu'il y ait un attrait, au niveau économique notamment, mais pas seulement. J'espère qu'il aura un fort développement un jour mais toujours est-il qu'à l'heure actuelle, Sao Tomé et Principe est considéré comme faisant parti des pays les plus pauvres de la terre. Quelle immigration de peuplement, fang notamment, a-t-il pu attirer? Je peux me tromper toutefois.

1 – le classement actuel des pays en fonction de leur richesse fait de Sao Tomé et Principe l'un des pays les plus pauvres. Mais ça pas toujours été ainsi.
Citation :

L'Histoire de São Tomé & Principe nous montre les heures sombres de l'esclavage, et le développement de la culture du cacao, faisant de ces îles, au début du siècle dernier, le premier producteur mondial de cacao. De cette époque, date le beau surnom gourmand d' "Ile Chocolat " ! Aujourd'hui, le chocolat issu du cacao de Sao Tomé est reconnu comme un des plus fins au monde !

Source: http://www.sao-tome.st/

2 – Sur la communauté Fang de Sao Tomé : je pense que ce ne sont pas descendants d'esclaves car tous les descendants d'esclaves parlent la langue de leur ancien maître ou un créole qui en est issu directement. Les Fang de Sao Tomé parlent le Fang.

Citation :

Sao Tom et Principe

Langue officielle: portugais (de facto)
Groupe majoritaire: créole santoméen ou forro (81,7 %)
Groupes minoritaires: fang (9,5 %), créole angolare (3,7 %), créole moncó (2,9 %), portugais (1,9 %).
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Citation :

La population était estimée à 139 000 habitants en 2004. Les districts d'Água Grande et de Mé-Zoch rassemblent à eux seuls les deux tiers de la population. Les Santoméens sont formés des Mesticos (Métis), des Angolares (descendants des esclaves d'Angola), des Forros (descendants des esclaves libérés), des Serviçais (anciens travailleurs contractuels venant de Angola, Mozambique et du Cap-Vert), des Tongas (enfants des serviçais) et des Européens (descendants des Portugais), auxquels il faut ajouter des Fangs, une ethnie noire bantoue venue du continent.
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Citation :

2.3 Le fang
Le fang est une langue bantoue du Gabon, appelée aussi pamué ou pahoun. Cette langue est parlée par quelque 12 000 locuteurs dans l'île de São-Tomé, mais par au moins 350 000 locuteurs en Guinée équatoriale, 427 000 au Gabon, 67 800 au Cameroun et quelques milliers au Cong-Brazzaville, pour un total d'environ 858 000 locuteurs. Beaucoup de Fangs sont des travailleurs venus chercher des emplois dans l'archipel.
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

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Dernière édition par NYO le Dim 21 Fév - 14:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 13:51

Evindi Mot a écrit:


Donc modjang tu peux effectuer des recherches par toi-même. sur google : "African Ancestry Company"; ou "DNA and african lineage" par exemple...


farao

Mone-dzang Eviindi Mot mbolo,
Merci de l''information, mais je crois savoir qu'il est tout à fait possible de remettre en question la validé scientifique de certains résultats obtenus. Je te donnerai mon point de vue de façon un peu détaillée plus tard.

Akiba

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Evindi Mot



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 14:16

NYO a écrit:
Evindi Mot a écrit:


Donc modjang tu peux effectuer des recherches par toi-même. sur google : "African Ancestry Company"; ou "DNA and african lineage" par exemple...


farao

Mone-dzang Eviindi Mot mbolo,
Merci de l''information, mais je crois savoir qu'il est tout à fait possible de remettre en question la validé scientifique de certains résultats obtenus. Je te donnerai mon point de vue de façon un peu détaillée plus tard.

Akiba

[NYO]

okeh.

farao
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EVIVI NGUEMA MBA



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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 15:20

NYO a écrit:
Mbolo ani,

adzidzon a écrit:


EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
Bobedzang, Il est tôt de conclure en évoquant les "preuves". Surtout lorsqu'il s'agit de l'esclavage dans cette région de l'Afrique (...)
Mayebe wa a moadzang, mais la dissussion n'est pas close. Cherchons les preuves que moadzang Nyo réclame légitimement.
Ayant la chance d'avoir un enfant, un petit neveu, qui parle en même temps fang et créole guyanais, je lui ai confié la mission de me faire un inventaire des mots fang qui pourraient exister dans le créole guyanais. J'attends ses conclusions. Et sitôt que je les ai, je vous les communique.

Des preuves ... nous voulons des preuves.

Nous attendons le lexique des mots fang présents dans le créole guyanais que tu t'engages à nous fournir.

1 - Nous comparerons chaque mot de ce lexique avec son équivalent présent dans un authentique dictionnaire du créole guyanais pour nous assurer de son sens.
2 – Pour chacun des mots nous analyserons la possibilité que se soit un mot bantu, c'est à dire un mot que les Fang ont en comun avec d'autres peuples bantu qui ont subi massivement l'esclavage des Nègres, ce qui justifierait pleinement la présence de ce mot dans le créole guyanais.


adzidzon a écrit:

Mais à part la langue, nous pouvons aussi puiser dans l'histoire (dans la connaissance historique) pour convaincre moadzang Nyo que les fang ont bel et bien connu l'esclavage. Même si notre amour propre en souffre, les fang ne sont pas des surhommes.
NYO a écrit:
Non, tout ça n'est pas arrivé alors qu'ils étaient déjà là, car sur ce point tous les témoignages Pongouès, Benga européens en contact avec les ethnies côtières sont très clairs ... les Pahouins sont arrivés bien après ... les écrits de Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson, ... l'affirment et décrivent cette arrivée.
Si tous les témoignages Mpongwé affirment que les fang n'étaient pas encore là, c'est qu'il y a un problème. Car selon Xavier Cadet dans sa Thèse intitulée Histoire des fang, peuple gabonais que vous retrouverez ici http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html , la première fois qu'un européen signala la présence des fang près de la colonie du Gabon, c'était en 1819. Et c'était un certain Bowdich, un voyageur anglais qui passa par la côte de l'actuel Libreville en 1818 et qui fut en contact avec les Mpongwé. Et ce sont ces derniers qui dès 1818 lui parlèrent d'un peuple qu'on appelle Paamouay. Les Du Chaillu, Marche, Marquis de Compiègne, Wilson sont donc loin!!! Ils viennent après. Ils ne peuvent décrire une arrivée qui s'est produite alors qu'ils n'étaient pas encore là! Soit.

Oui, mon frère il y a un problème, mais je pense qu'il se trouve dans l'interprétation que tu fais des extraits de la thèse de Xavier Cadet citée abondamment par toi. En effet, au sujet de la date d'arrivée des Fang au Gabon Xavier Cadet répond : les Fang sont arrivés au Gabon entre 1848 et 1863.

http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html

Arrivée des Fang au Gabon : 1848 - 1863

C'est le titre du chapitre qui répond à la question: quand les Fang sont-ils arrivés au Gabon?
Ce que dit Xavier Cadet sur la date d'arrivée des Fang du Gabon est très proche des affirmations de Wilson et du Marquis de Compiegne ...

Es-tu d'accord avec Cadet, Wilson et le Marquis de Compiegne au sujet de la date d'arrivée des Fang au Gabon?

Xavier Cadet a écrit:


2e extrait :
D’après Bowdich, les Seke servent d’intermédiaires aux Mpongwe dans le commerce avec les Kele. Ceux-ci échangent leurs objets en fer et leurs pagnes tissés contre du cuivre, des tissus de coton et des marchandises européennes, ce qui atteste de la pénétration avancée du commerce. Mais par crainte de voir leur monopole brisé, les Mpongwe, dans un processus qu’ils répéteront plus tard avec les Fang, interdisent aux Seke d’approcher les côtes.

3e extraits :
L’intérêt de “ l’esquisse ” de Bowdich réside dans le fait qu’elle révèle dès 1819 l’existence des Fang, connus alors sous le nom de “ Paamouay ” (qui se lit Pamoué, correspondant à “ Pamue ”, l’appellation hispanisante des Fang). S’il est impossible de situer géographiquement leur pays, il faut relever l’association de leur “ royaume ” avec la rivière “ Ouolé ”

Gunther Tessmann a écrit:


Le nom des Pahouins apparaît pour la première fois en 1819, chez T.E. Bowdich dans l'appendice à A Mission from Cape Coast Castle to Ashantee (Une mission depuis le Cap jusqu'au pays ashanti, Londres), mais l'auteur ne les connait que par oui-dire.
Le premier Blanc qui les ait réellement vus est Paul B. Du Chaillu, voyageur et aventurier de réputation douteuse. En 1861, dans son ouvrage Explorations and Adventures in Equatorial Africa (Londres), il nous donne la première description « scientifique » des Pahouins, qu'il a découverts sur l'actuel territoire espagnol, à quelques journées de voyage de la côte.

Source: Fang, Ph. Laburthe-Tolra, Ch. Falgayrettes Leveau, les Pahouins (extraits) G. Tessmann, page 169

Lorsque Xavier Cadet affirme « Mais par crainte de voir leur monopole brisé, les Mpongwe, dans un processus qu’ils répéteront plus tard avec les Fang, interdisent aux Seke d’approcher les côtes. »
Nous devons en conclure que les Fang ne sont pas présents sur les côtes gabonaises avant la période de leur arrivée (1848-1863).

Les Fang sont connus en 1819, Xavier Cadet est, il me semble, d'accord avec Gunther Tessmann sur ce point. Il est peut être impossible de localiser précisement le pays Fang en 1819, mais Gunther Tessmann nous précisent bien qu'ils ne sont pas sur la côte en 1861 mais bel et bien à quelques journées de voyage de la côte. Cette affirmation a une grande importance.

Les Fang ne sont pas sur la côte, globalement, avant 1es années 1840 .., n'est-ce pas?
Les Fang sont arrivés bien après, oui ou non?

Nous avons la date d'arrivée des Fang sur la côte (le lieu de la traite des Nègres), cette date peut-elle nous permettre de connaître l'implication des Fang dans la traite des nègres?
La réponse est oui.


Citation :

... Ce ne sont donc pas les Blancs qui viennent visiter les Fang, mais c’est plutôt l’inverse. Leur pays demeure inconnu.
... Le sujet devient plus sensible entre 1844 et 1848, quand apparaissent les premiers villages sur le bord de rivières de l’Estuaire, dont le but clairement avoué est le commerce avec la côte : “ ils ont appris que moins d’un dixième de leurs biens provenant du commerce de l’ivoire à la côte leur revenait ; et ils sont décidés à commercer directement avec les Mpongwé ” ( 93 ).
Source : http://documents.univ-lille3.fr/files/pub/www/recherche/theses/CADET_XAVIER/html/these.html

Citation :

La traite atlantique, la plus connue et la plus intense, fut un commerce d'Africains au profit d'autres Africains, d'un côté, et d'Européens (Espagnols, Portugais, puis Anglais, Français, Néerlandais, Danois et ensuite Brésiliens et Cubains), de l'autre.
Elle débuta en 1441 par la déportation de captifs africains vers la Péninsule ibérique. Cette destination dura plusieurs décennies[10]. Ensuite les Portugais convoyaient les esclaves vers les Caraïbes et l'Amérique du Sud. Progressivement, les Hollandais, les Anglais puis les Français organisèrent leur propre traite.

...

La révolution Française abolit l'esclavage en 1794. Mais le premier consul Bonaparte le rétablit en 1802. Il l’abolira de nouveau en 1815, décision non prise en compte par Louis XVIII.
Le Royaume-Uni abolit la traite des noirs en 1807. L’esclavage ne le sera qu’en 1833.
Les États-Unis abolissent la traite en 1808[21]. Une ordonnance de Louis XVIII abolit la traite négrière en 1817. Désormais elle devient illégale, mais reste clandestine.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Citation :

1815 : Décision d'abolition de la traite par les puissances européennes au congrès de Vienne.
Source: http://www.mulhouseum.uha.fr/site/ressources_document.php?docId=989826839&pa=2&op=7/0/0/0/0/0/0/0/1/0/0/

Citation :

Entre 1815 et 1833, on recense 353 bateaux de traite dans le port de Nantes
...
La traite négrière disparaît grace à des accords entre la France et le Royaume-Uni : le droit de visite. Les marines royales croisent sur les côtes occidentales africaines. Leur mission est de visiter les lieux de la traite et même les navires marchands, afin de s'assurer que ceux-ci ne transportent pas d'esclaves. Cette croisière dite de répression s'avère très efficace. On dénombre après 1835 20 navires français à s'être livrés à la traite.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Citation :

1827- Les Britanniques occupent l'île de Bioko entre 1827 et 1832 pour lutter contre le trafic d'esclaves. Il fondent Port Clarence - que les Espagnols appellent par la suite Santa Isabel, et qui est aujourd'hui Malabo, capitale de la Guinée équatoriale.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Guin%C3%A9e_%C3%A9quatoriale

Citation :

1831 : accord franco-britannique pour le contrôle de la traite illicite.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l'esclavage

Citation :

1845- Le 13 septembre 1845, une ordonnance de la reine d'Espagne Isabelle II autorise les Noirs et les mulâtres de Cuba qui le désirent à venir s'installer en Guinée équatoriale.
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Guin%C3%A9e_%C3%A9quatoriale


Sur le territoire espagnol, les Fang sont encore loin des côtes en 1861 (voir la citation de Gunther Tessmann ci-dessus). Sur le territoire français, les Fang arrivent au Gabon vers 1840.
Ces deux dates (1840 -1861) nous permettent d'affirmer que les Fang sont arrivés sur la côte bien après l'abolition de la traite des Nègres par les états négrier et à un moment ou ces états combattaient activement ce traffic.
Ceci implique : de 1441 jusqu'à 1840 (quatre siècles), les Fang n'ont pas participé à la traite de Nègres, la traite Atlantique, la traite officielle, ni en tant que marchands d'esclaves ni en tant que victimes de la traite des Nègres officielle...

C'est la première vérité. Ceux qui disent le contraire n'ont aucune preuve de ce qu'ils disent.

adzidzon a écrit:

Selon Xavier Cadet dans la même Thèse, non seulement les fang connaissaient l'esclavage, ils en avaient peur, à cause des rapts dont ils pouvaient être victimes, mais en même temps, certains y ont participé, tout comme d'autres ont été réduits en esclavage et envoyés outre-atlantique. Il admet tout de même qu'il n'y a pas eu chez eux une pratique de masse. Mais ils ont bel et bien connu, pratiqué et subi l'esclavage. Je te donne les extraits correspondants, mais tu pourras les retrouver dans cette

Ce que nous savons aussi c'est que:

Citation :

Le Brésil abolit officiellement la traite en 1850[22], alors que le dernier navire négrier arrive à Cuba en 1867[23].
Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Traites_n%C3%A9gri%C3%A8res

Si les Fang ont participé à la traite des Nègres ce seraient forcément entre 1840 (date de l'arrivée des Fang au Gabon) et 1867 (date d'arrivée du dernier navire négrier à Cuba. Je poursuis l'analyses de toutes les preuves (il y en a peu) fournies par Xavier Cadet.

Les Fang sont-ils impliqués dans la traite des Nègres entre 1840 et 1867 (27 ans au grand maximum)?

Je te répondrai sur ce point un peu plus tard.

adzidzon a écrit:

NYO a écrit:
Les Fang de Sao Tomé pourraient être des descendants de travailleurs immigrés Fang qui se seraient durablement installés sur l'ile. Mais je ne sais pas grand chose de cette communauté ... il faut creuser.
Moadzang, permets-moi d'en douter. Pour qu'une terre ou un pays soit une terre d'immigration, il faut qu'il y ait un attrait, au niveau économique notamment, mais pas seulement. J'espère qu'il aura un fort développement un jour mais toujours est-il qu'à l'heure actuelle, Sao Tomé et Principe est considéré comme faisant parti des pays les plus pauvres de la terre. Quelle immigration de peuplement, fang notamment, a-t-il pu attirer? Je peux me tromper toutefois.

1 – le classement actuel des pays en fonction de leur richesse fait de Sao Tomé et Principe l'un des pays les plus pauvres. Mais ça pas toujours été ainsi.
Citation :

L'Histoire de São Tomé & Principe nous montre les heures sombres de l'esclavage, et le développement de la culture du cacao, faisant de ces îles, au début du siècle dernier, le premier producteur mondial de cacao. De cette époque, date le beau surnom gourmand d' "Ile Chocolat " ! Aujourd'hui, le chocolat issu du cacao de Sao Tomé est reconnu comme un des plus fins au monde !

Source: http://www.sao-tome.st/

2 – Sur la communauté Fang de Sao Tomé : je pense que ce ne sont pas descendants d'esclaves car tous les descendants d'esclaves parlent la langue de leur ancien maître ou un créole qui en est issu directement. Les Fang de Sao Tomé parlent le Fang.

Citation :

Sao Tom et Principe

Langue officielle: portugais (de facto)
Groupe majoritaire: créole santoméen ou forro (81,7 %)
Groupes minoritaires: fang (9,5 %), créole angolare (3,7 %), créole moncó (2,9 %), portugais (1,9 %).
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Citation :

La population était estimée à 139 000 habitants en 2004. Les districts d'Água Grande et de Mé-Zoch rassemblent à eux seuls les deux tiers de la population. Les Santoméens sont formés des Mesticos (Métis), des Angolares (descendants des esclaves d'Angola), des Forros (descendants des esclaves libérés), des Serviçais (anciens travailleurs contractuels venant de Angola, Mozambique et du Cap-Vert), des Tongas (enfants des serviçais) et des Européens (descendants des Portugais), auxquels il faut ajouter des Fangs, une ethnie noire bantoue venue du continent.
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Citation :

2.3 Le fang
Le fang est une langue bantoue du Gabon, appelée aussi pamué ou pahoun. Cette langue est parlée par quelque 12 000 locuteurs dans l'île de São-Tomé, mais par au moins 350 000 locuteurs en Guinée équatoriale, 427 000 au Gabon, 67 800 au Cameroun et quelques milliers au Cong-Brazzaville, pour un total d'environ 858 000 locuteurs. Beaucoup de Fangs sont des travailleurs venus chercher des emplois dans l'archipel.
Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/Sao-Tome-Principe.htm

Akiba
[NYO]

Bobedzang Nyo et Adzidzon,
Quelles délimitations vous faites du Gabon en 1860-1890.
Et j'ai l'impression que nous devons bien distinguer l'arrivée des Fang au Gabon, à l'Estuaire et leur arrivée sur la côte libreviloise.
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Dim 21 Fév - 18:34

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
Bobedzang Nyo et Adzidzon,
Quelles délimitations vous faites du Gabon en 1860-1890.
Et j'ai l'impression que nous devons bien distinguer l'arrivée des Fang au Gabon, à l'Estuaire et leur arrivée sur la côte libreviloise.
Akiba a moadzang Nguema Mba Evivi pour cette question : c'est celle que je voulais poser à moadzang Nyo mais tu m'as dévancé.
Je reviendrai là dessus et sur la réponse de moadzang Nyo plus tard ...
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Lun 22 Fév - 22:46

Mbol'ani a bobedzang cheers ,
Le débat se poursuit sur ce sujet, mbemba dzam. Toutefois, d'une part, je regrette qu'après avoir réclamé des preuves et des preuves comme ici :
NYO a écrit:
Des preuves ... nous voulons des preuves.
, moadzang Nyo soit resté complètement silencieux sur cette preuve historique qui lui est pourtant facilement vérifiable :
adzidzon a écrit:
Cependant, les bâtiments négriers préfèrent commercer avec le sud et ne tentent que des coups isolés dans la région du Gabon où la répression française, même faible, s’exerce avec quelques succès : parmi les affaires les plus marquantes, celle de Fontan, un trafiquant espagnol, arrêté en 1851 au village de Glass alors qu’il embarque à destination de Sangatanga des esclaves, dont cinq sont d’origine fang.
. Cet exemple n'est peut-être pas assez déterminant pour lui, sauf qu'il révèle au moins une chose de manière concrète, c'est que les fang ne méconnaissaient pas l'esclavage, et la traite des nègres, comme moadzang Nyo le soutient. L'exemple le présente de manière concrète car il donne des noms, des dates et même une tracabilité. Autrement dit, on peut vérifier. Mais curieusement moadzang Nyo reste silencieux comme s'il n'avait pas lu. A moadzang ane na? A ne yê? Very Happy
D'autre part moadzang, tu fais un usage abusif de wikipédia, autant te le dire, et tu le sais mieux que moi, dans les cercles scientifiques autorisés, wikipédia est fortement décommandé. Donc, pas que je doute de ce qui y est dit, et de ce que tu dis, mais je préfère que tu me sortes d'autres sources d'information plus crédibles.
Sur le fait que les fang sont signalés dès 1819 à quelques encablures de la colonie du Gabon (pas du Gabon actuel, mais d'un Gabon qui va correspondre grosso modo pour faire simple à l'actuelle province de l'Estuaire) par Bowdich qui en fut informé par les populations Mpongwé lors d'un passage sur les côtes de l'actuel Libreville en 1818, tu pourras lire ce livre : T. E. Bowdich, Voyage dans le pays d’Aschantie ou Relation de l’ambassade envoyée dans ce royaume par les Anglais, Paris, Gide, 1819, 527 p., traduction de l’édition originale, Londres, John Murray, 1819 ; Chapitre X, “ Esquisse des environs de Gabon ”, pp. 485 - 519.
Un autre petit bouquin intéressant que tu pourras lire est : Anges Ratanga-Atoz, Histoire du Gabon, des migrations historiques à la République XVe-XXe siècle, Les nouvelles Editions Africaines, 1985. Que nous dit-il?
- (parlant de l'actuel nord Gabon) : "Cette région comprend surtout les Fang dont les parents sont restés au Cameroun (ce sont les Ewondo, Eton, Beti, Bulu). La migration des Fang au Nord-Gabon date des XVIIe et XVIIIe siècles; leur arrivée au Gabon occidental (le littoral) se situe au milieu du XIXe siècle" (Cf. bouquin cité page huit ).
Toi et moi, je crois, on sera certainement d'accord pour garder le milieu du XIXe siècle, donc le milieu des années 1800 comme moment de l'arrivée sur le littoral. Mais seras-tu d'accord avec l'auteur pour signaler que les fang étaient déjà dans les parages, notamment dans la région de l'actuel nord Gabon dès le XVIIe siècle, c'est-à-dire dans le courant des années 1600?
Cet auteur, Anges Ratanga-Atoz, appelle d'ailleurs ce Gabon des origines, "le Gabon Estuaire" (cf. page 25 du bouquin cité).
Lorsque Xavier Cadet dit donc, comme tu le rappelles si bien :
NYO a écrit:
Arrivée des Fang au Gabon : 1848 - 1863
. Ce n'est pas antinomique, cela se comprend avec le concept de Ratanga-Atoz de "Gabon Estuaire". Ceux qui sont à cette époque à l'endroit où se trouve l'actuelle ville de Mitzic par exemple ne sont pas des Gabonais car le Gabon ne s'étend pas encore jusque-là. Ceux qui sont même à l'endroit où se trouve l'actuelle ville de Medouneu ne le sont pas encore eux non plus. Comme ne le sont pas encore ceux qui sont à l'endroit où se trouvent les actuelles villes de Makokou, Tchibanga, Lambarene, Minvoul, ... Cela signifie-t-il que ces terres sont inhabitées? Pas à ma connaissance. Les fang qui sont dans les parages depuis au minimum 1818 pour prendre le moment où les Mpongwé informent Bowdich ne sont pas Gabonais car le Gabon ne s'étend pas encore jusqu'à leurs terres. Donc, c'est lorsqu'ils pénètrent dans le Gabon Estuaire que l'on considère qu'ils arrivent officiellement au Gabon, c'est-à-dire dès 1848 (soit dit en passant, ils fréquentaient déjà les côtes pour commercer, mais ne s'y étaient pas installés. Comme tu le sais mieux que moi).
Enfin, moadzang Nyo, je considère que tu fais deux erreurs : 1/- Tu crois toujours que l'esclavage s'est limité à la côte et 2/- Tu crois que le groupe fang était un groupe homogène, sympa, où tout le monde était sympa et gentil envers tout le monde et prenait la défense de tout le monde. Pour ces deux points, je te rappellerai ces deux extraits qui sont tiens.
NYO a écrit:
Et si tout simplement les Fang n'avaient pas subi l'esclavage? Le fait que les Fang soient présents sur le littorale au moment de l'esclavage des nègres n'implique pas qu'ils aient subi la traite des nègres.
Moadzang, la traite ne se limitait pas qu'à la côte, au littoral. La traite avait atteint le coeur de l'Afrique. C'est une erreur de considérer que c'était une petite affaire locale qui s'est limitée à la côte. Akié! Renseigne-toi.
Sur le deuxième point, tu as écrit :
NYO a écrit:
les guerriers Fang positionnés dans leurs villages le long du littorale. Ces Fang auraient observé passivement les marchands d'esclaves ramenant leur frères et soeurs de l'intérieur et ne s'y seraient pas opposés?

Le village Fang ... village fortifié, on entre d'un côté, on passe par le corps de garde ou bien on sort de l'autre côté et on repasse forcement par un corps de garde. En plus cela le village lui même est peuplé de guerriers avec leurs inséparables armes de guerre. Dans de telles conditions, le marchand d'esclaves est passé par où? Il est ressorti avec des esclaves? Il est ressorti par où?
Cela se serait passé comme cela dans quel village Fang?... soyons sérieux une minute!
Pour ma part, c'est plus une idéalisation du groupe fang qu'une affirmation réellement objective. Et les nombreuses guerres entre nous? Que signifiait partir Minkom? Et qui partait? Tu dois savoir que la question ne se posait pas en tant que l'on était fang, mais par rapport aux affinités et aux parentés qu'on avait. Il ne suffisait pas d'être fang. Ce qui comptait c'était la parenté, l'amitié... Un fang avec qui je n'étais ni apparenté, ni ami, on le laissait partir Minkom. On l'y envoyait même si on le pouvait. Bref!

En attendant de te lire, mbemba ngoguene!
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Ven 26 Fév - 15:25

EVIVI NGUEMA MBA a écrit:
De ce que je sais, tous les Fang de l'Estuaire ne sont pas des Meke-me-Nkoma. Il existait deux groupes. Le premier groupe se nomme "Betsi" ou "Beti"(ceux qui sont partis). Il constituait la pointe avancée de la marche. Ce groupe est qualifié comme le plus courageux serait allé vers la côte en passant par la Guinée équatoriale déboucha sur Medouneu, Cocobeach, la zone nord de Libreville (Ikoy Tsini )
Y'aurait-il un rapport entre ces Beti ou Betsi et ceux du Cameroun? Une parenté?
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Sam 6 Mar - 22:09

une carte de la route de l'esclavage ( XVè-XIXè siècles) établie par l'UNESCO :

http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001457/145763e.pdf


farao
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MessageSujet: Re: Alexandre DUMAS, un Ekang ?   Aujourd'hui à 8:46

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